Chaque jour sur les chantiers, des quantités considérables d’eau sont utilisées uniquement pour permettre au béton de durcir correctement. Une nouvelle technologie pourrait bouleverser cette pratique historique et réduire massivement l’empreinte hydrique du secteur de la construction.

La réaction d’hydratation du ciment qui exige de l’humidité pour donner sa résistance au béton
Lorsque les équipes coulent du béton, le matériau ne durcit pas simplement parce qu’il sèche. Le ciment réagit chimiquement avec l’eau. Cette réaction crée des cristaux qui relient les granulats et forment progressivement une structure solide, dense et résistante capable de supporter de fortes charges.
Si l’eau disparaît trop vite sous l’effet de la chaleur ou du vent, la réaction chimique ralentit fortement. Le béton perd alors une partie de sa résistance potentielle et peut développer des microfissures internes. Les professionnels maintiennent donc les surfaces humides pendant plusieurs jours afin de garantir une hydratation complète.
L’arrosage des dalles après coulage, une pratique indispensable mais extrêmement gourmande en eau
Sur la plupart des chantiers, les équipes protègent les surfaces fraîchement coulées en les arrosant régulièrement. Cette méthode limite l’évaporation et permet au béton de conserver l’eau nécessaire à la réaction du ciment, surtout lorsque les températures élevées accélèrent le séchage.
Dans les climats chauds ou désertiques, cette pratique consomme rapidement des volumes considérables. Un chantier de grande taille peut mobiliser des milliers de litres d’eau uniquement pour la cure du béton. Cette dépendance à l’eau pose aujourd’hui un véritable défi pour une construction plus durable.
CureAssure, un additif qui permet au béton de conserver son eau et de réaliser une cure interne
Une innovation industrielle propose désormais une approche différente. L’additif CureAssure, développé par Asian Paints, agit directement dans le mélange de béton. Sa formulation repose sur des polymères spécifiques capables de retenir l’humidité à l’intérieur de la matrice cimentaire.
Les centrales à béton ajoutent le produit directement dans l’eau de gâchage pendant le malaxage. Une fois intégré, l’additif aide le béton à conserver l’eau nécessaire à son hydratation. Le matériau peut alors poursuivre sa réaction chimique sans nécessiter d’arrosage externe.
Selon les estimations de l’entreprise, une adoption large dans certains pays pourrait permettre d’économiser plusieurs milliards de litres d’eau chaque année. Dans les régions où l’eau devient rare, cette technologie pourrait profondément transformer les pratiques de construction.
Une hydratation plus stable qui limite les fissures et améliore la durabilité des structures
Lorsque le béton conserve mieux son humidité interne, la réaction d’hydratation progresse de manière plus régulière. Cette stabilité réduit les contraintes internes qui provoquent souvent l’apparition de fissures précoces dans les premières heures ou les premiers jours après le coulage.
La réduction du retrait plastique améliore la qualité globale des ouvrages. Les structures résistent mieux au temps, aux variations climatiques et aux charges mécaniques. Les maîtres d’ouvrage peuvent ainsi limiter les réparations précoces et prolonger la durée de vie des infrastructures.
L’additif reste compatible avec de nombreuses formulations modernes. Les professionnels peuvent l’utiliser avec différents ciments Portland, mais aussi avec des bétons intégrant des cendres volantes, du GGBS ou de la microsilice, déjà largement employés pour renforcer la durabilité du béton.
Par Gabrielle Andriamanjatoson, le
Étiquettes: béton durable, innovation construction, économie d’eau
Catégories: Technologie, Actualités