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Créatures des abysses : une éponge carnivore « boule de la mort » découverte dans l’océan Austral

Actuellement, on estime qu’entre 10 et 20 % seulement des espèces évoluant dans nos océans ont été décrites

La nouvelle espèce d’éponge carnivore — © The Nippon Foundation-Nekton Ocean Census / Schmidt Ocean Institute / 2025

En sondant les profondeurs de l’océan Austral, une mission scientifique internationale a identifié des dizaines de créatures marines nouvelles pour la science, à l’apparence définitivement étrange.

Un écosystème unique

Lancé il y a deux ans, le programme Nippon Foundation–Nekton Ocean Census vise à recenser les espèces inconnues prospérant dans des eaux isolées et globalement peu étudiées. Début 2025, le submersible télécommandé SuBastian a été déployé dans les fosses abyssales proches des îles Saunders et Montagu, à environ 1 500 kilomètres des côtes de l’Antarctique.

« Le brassage de deux masses d’eau au niveau de l’archipel des îles Sandwich du Sud crée écosystème unique, avec une faune riche que nous commençons à peine à comprendre », explique la scientifique Michelle Taylor.

À une profondeur de 3 600 mètres, c’est une nouvelle espèce d’éponge, faisant partie des organismes pluricellulaires les plus simples de notre planète, qui a été découverte. Appartenant au genre Chondrocladia, elle se distingue à la fois par son apparence quasi-surnaturelle et son régime alimentaire.

Cette « boule de la mort » présente des excroissances semblables à des tiges, surmontées de structures sphériques recouvertes de crochets microscopiques (spicules) lui permettant de piéger ses proies, essentiellement de petits crustacés. « Il s’agit d’une forme de carnivorisme très différente de celles habituellement observées chez les éponges », souligne le biologiste espagnol Javier Cristobo.

Ver iridscent — © The Nippon Foundation-Nekton Ocean Census / Schmidt Ocean Institute / 2025

Moisson fructueuse

Au total, ce sont un peu moins de 2 000 spécimens, représentant 14 groupes d’animaux différents, qui ont pu être collectés. Parmi eux, trente nouvelles espèces ont déjà été confirmées, notamment un ver recouvert d’écailles iridescentes évoluant à 2 700 mètres de profondeur, plusieurs étoiles de mer, des coraux noirs et des pennatules, organismes filtreurs plus connus sous le nom de « plumes de mer ».

Les caméras haute définition de SuBastian ont également capturé les premières images d’un jeune calmar colossal, plus grand invertébré de la planète, ainsi que celles de « vers zombies », connus pour se nourrir de carcasses de mammifères marins.

Actuellement, on estime qu’entre 10 et 20 % seulement des espèces évoluant dans nos océans ont été décrites. Comme le rappelle Mitsuyuki Unno, directeur exécutif de la Nippon Foundation, « accélérer leur découverte n’est pas un luxe scientifique, mais une nécessité pour assurer leur conservation ».

Pennatule — © The Nippon Foundation-Nekton Ocean Census / Schmidt Ocean Institute / 2025

L’été dernier, un monde peuplé de créatures étranges avait été découvert au large des côtes de l’Argentine.

Par Yann Contegat, le

Source: Science Alert

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