
En étudiant un canyon martien, une équipe internationale de chercheurs a identifié de nouveaux vestiges d’un vaste et profond océan, qui couvrait autrefois une bonne partie de la planète rouge.
Océan martien
Aujourd’hui aride et stérile, Mars abritait autrefois des océans, des lacs et des cours d’eau, selon les observations réalisées au fil des décennies par les engins déployés autour de notre voisine et à sa surface. Par conséquent, on considère que la vie a pu se développer à cette époque, puis s’éteindre lorsque la planète s’est asséchée, bien avant d’avoir atteint la variété complexe que nous connaissons sur Terre.
Récemment, des scientifiques ont obtenu un nouvel aperçu frappant de ce passé définitivement plus bleu, en examinant les clichés de Coprates Chasma, faisant partie du plus grand réseau de canyons du Système solaire : Valles Marineris.
Capturées par trois satellites martiens, les données collectées ont révélé des dépôts sédimentaires « en éventail », ressemblant étroitement aux deltas terrestres, qui se forment lorsqu’une rivière ou un fleuve rencontre une étendue d’eau plus grande et calme. « Les structures identifiées correspondent clairement à l’embouchure d’un fleuve se jetant dans un océan », détaille Fritz Schlunegger, de l’université de Bern.
Ces deltas martiens se trouvent à un peu plus de 3 500 mètres sous le niveau de référence de la surface de la planète rouge, impliquant que l’océan associé, d’une taille comparable à son homologue arctique, recouvrait autrefois l’hémisphère nord de la planète rouge. « Il s’agit du plus profond et du plus vaste jamais identifié sur Mars », écrivent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue npj Space Exploration.

Une période propice à la vie plus tardive
On pense que ces dépôts se sont formés il y a environ 3 milliards d’années, ce qui repousserait de quelques centaines de millions d’années la période propice à l’émergence d’organismes primitifs sur Mars.
Selon les chercheurs, ils constitueraient des cibles de choix pour de futures missions visant à identifier les vestiges d’une ancienne vie extraterrestre.
À l’heure actuelle, les circonstances de l’assèchement spectaculaire de notre voisine sont discutées. Nos modèles suggèrent qu’elle a perdu son eau de surface suite à l’effondrement de son champ magnétique, qui a exposé son atmosphère aux vents solaires.
Précédemment, des découvertes avaient renforcé l’idée de conditions tropicales sur l’ancienne Mars.