Un chewing-gum dans la bouche… et si cela suffisait à titiller nos neurones ? Depuis peu, la science s’intéresse sérieusement à cette habitude. La mastication agit-elle vraiment sur notre cerveau ? Les premiers résultats réservent quelques surprises.

La mastication comme outil pour maintenir l’attention dans des tâches longues et peu stimulantes
Rester concentré pendant une réunion interminable ou un cours en fin de journée n’est pas chose facile. Or, plusieurs études indiquent que mâcher un chewing-gum pourrait prolonger notre vigilance. Ce n’est pas spectaculaire, mais le gain d’attention observé avoisine les 10 %, ce qui n’est pas négligeable.
Cet effet semble surtout apparaître dans des contextes où la concentration commence à faiblir. Il ne s’agit pas d’un superpouvoir cognitif, mais d’un petit coup de pouce. La mastication agit comme un ancrage sensoriel, un rappel physique qui ramène doucement l’esprit vers la tâche en cours.
Les scientifiques parlent d’un soutien ponctuel plutôt que d’un véritable stimulant intellectuel. Autrement dit, le chewing-gum stabilise nos capacités. Il limite les fluctuations de concentration, ce qui peut être précieux dans des activités longues, répétitives ou peu engageantes.
Un effet calmant léger mais réel observé dans certaines situations stressantes
Et si ce petit mouvement de mâchoire avait aussi un effet calmant ? Certaines études montrent que le chewing-gum pourrait réduire le stress, notamment dans des situations tendues comme des tests stressants ou des prises de parole. Plusieurs participants rapportent une sensation de soulagement subjectif.
Cela dit, les résultats varient. Par exemple, une étude médicale menée avant des césariennes programmées n’a pas montré de baisse d’anxiété, même si la douleur semblait atténuée. En gros, l’effet anti-stress dépend du contexte et de la sensibilité de chacun.
Une activation physique et mentale qui s’expliquerait par le sang, les neurones et l’agitation contrôlée
Comment expliquer que mâcher, ce geste banal, ait un quelconque effet sur le cerveau ? Plusieurs hypothèses coexistent. L’une d’elles suggère que la mastication augmente le flux sanguin, stimulant ainsi certaines zones liées à l’éveil. Une autre parle de contraction musculaire répétée.
Mais il y a aussi une dimension comportementale : mâcher un chewing-gum pourrait distraire du stress, un peu comme manipuler un stylo ou faire rebondir son genou. Cette agitation douce, appelée fidgeting, aiderait à canaliser l’énergie nerveuse.
Un rappel inattendu que le cerveau ne fonctionne jamais sans le corps qui l’entoure
Le vrai enseignement de tout cela, ce n’est pas qu’il faut se ruer sur les chewing-gums. C’est que nos gestes simples peuvent avoir un impact mental réel. Ce réflexe, souvent associé à l’ennui ou à l’adolescence, nous rappelle que le cerveau ne travaille jamais seul.
Alors, la prochaine fois que vous glissez un chewing-gum dans votre bouche, demandez-vous : suis-je en train d’activer un levier cognitif inconscient ? Peut-être que oui. Peut-être que non. Mais une chose est sûre : le cerveau adore les petites surprises.
Par Gabrielle Andriamanjatoson, le
Source: Science & Vie
Étiquettes: chewing-gum, mastication
Catégories: Actualités, Santé