
Le chien descend indiscutablement du loup, mais la chronologie exacte de sa domestication reste floue. De récentes découvertes sur une petite île suédoise indiquent une relation étroite entre d’anciens canidés sauvages et nos ancêtres.
Canidés insulaires
En fouillant l’une des grottes de Stora Karlsö, des chercheurs britanniques ont mis au jour les restes de loups eurasiens qui vivaient sur cette île de la mer Baltique il y a entre 3 000 et 5 000 ans. Une découverte inattendue, étant donné que ce bout de terre isolé de 2,5 kilomètres carrés seulement ne possède aucun mammifère terrestre autochtone.
L’examen et le séquençage génétique des ossements préhistoriques a révélé des surprises majeures : une population sédentaire et multigénérationnelle de canidés, notoirement plus petits que leurs homologues continentaux (une conséquence de leur isolement).
« Les données génétiques sont fascinantes », estime Anders Bergström, chercheur à l’université d’East Anglia co-auteur de la nouvelle étude, publiée dans la revue PNAS. « Nous observons une faible diversité génétique typique des populations confrontées à un goulet d’étranglement ou domestiquées. »
L’analyse isotopique des dents de ces animaux préhistoriques a de son côté révélé un régime alimentaire semblable à celui des chasseurs de la région à l’âge du bronze : des phoques et du poisson.

Une relation privilégiée
Le scénario le plus évident est que les premières générations de canidés sauvages de Stora Karlsö soient arrivées par bateau, et aient vécu aux côtés des humains, qui partageaient avec eux leur nourriture.
Une piste appuyée par la mise en évidence d’une grave pathologie osseuse chez l’un des spécimens étudiés. Selon l’équipe, l’emplacement des lésions indique une mobilité réduite, suggérant que l’animal ait pu être soigné ou avoir évolué dans un environnement où il n’avait pas besoin de chasser activement.
« Ces découvertes illustrent la complexité de notre relation avec le loup », conclut Linus Girdland-Flink, de l’université d’Aberdeen.
Début 2025, une étude avait suggéré que les loups préhistoriques s’étaient peut-être « volontairement » transformés en chiens.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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