Depuis la fin février 2026, les drones Shahed bousculent les défenses du Golfe. Leur portée et leur vol rasant compliquent déjà l’alerte. Surtout, leurs attaques en salves exposent une faiblesse nette : le C-RAM américain n’a jamais affronté seul un tel rythme.

Depuis fin février 2026, les Shahed frappent le Golfe en salves et déplacent le centre de gravité aérien
Depuis fin février 2026, l’Iran lance des Shahed contre des cibles du Golfe. Ces drones parcourent jusqu’à 2 000 kilomètres, filent autour de 185 km/h et emportent environ 30 à 50 kilos d’explosifs. Avec ces chiffres, long rayon d’action rime avec pression durable.
Mais leur force ne tient pas qu’aux performances brutes. Téhéran les lance souvent par groupes, parfois avec des trajectoires basses et décalées. Cette logique de frappes en essaim oblige la défense à détecter, trier puis tirer très vite, sans vraie pause.
Conçu contre roquettes et mortiers, le C-RAM perd son avantage quand un drone rase les toits puis bifurque
Au départ, l’armée américaine a bâti le C-RAM contre les roquettes, l’artillerie et les mortiers. Son radar repère l’arrivée, puis son canon Vulcan de 20 mm ouvre le feu. Face à une trajectoire imprévisible, ce réflexe perd toutefois une partie de son avance.
Ensuite, le Shahed vole bas, parfois au niveau des bâtiments, et réduit sa signature radar. Sa structure en fibre et en matériaux composites complique la détection. Dans ce ciel brouillé, le système suit moins sereinement la menace jusqu’au point d’impact.
De plus, le C-RAM doit engager chaque cible dans une fenêtre de tir très courte. Quelques secondes suffisent pour grignoter sa capacité. Quand plusieurs drones arrivent ensemble, un seul système neutralise vite ses premières menaces, puis laisse passer les suivantes.
Chaque rafale protège la base, mais le C-RAM brûle ses cartouches vite et renforce le piège économique
Le problème ne s’arrête pas au tir. Chaque interception consomme des munitions spécialisées et coûte cher face à un drone bon marché. Ce coût d’interception inverse parfois le rapport de force : la défense dépense plus vite que l’attaque n’use ses stocks.
Enfin, les stocks comptent autant que la cadence. Une batterie vide perd sa valeur en quelques minutes d’action continue. Or une attaque récente à Bagdad l’a rappelé. En touchant le radar, un drone peut casser la chaîne de détection avant le duel.
L’Ukraine et le Golfe montrent déjà la suite : radars, brouillage et drones intercepteurs doivent travailler ensemble
Aucun système unique ne peut absorber durablement des salves bon marché. Les armées cherchent donc une défense multicouche. Elles combinent radars, canons, missiles courts et alertes distribuées pour détecter tôt, trier et réserver chaque tir au bon niveau.
Ensuite, la guerre électronique reprend de la valeur contre des drones que la navigation satellite guide. Le brouillage ne règle pas tout, mais il perturbe leur route. Surtout, des drones intercepteurs coûtent moins cher et suivent mieux une cible lente.
Vous voyez le basculement : le défi ne vient plus seulement de la performance pure, mais du nombre. Quand l’attaquant envoie assez d’engins simples, il fatigue les capteurs. Il use les cartouches et force une défense moderne à redevenir aussi frugale qu’agile.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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