Une étude récente révèle que les derniers Néandertaliens d’Europe partageaient une origine commune étonnamment récente. En retraçant leur histoire génétique, les chercheurs dévoilent un épisode de crise et de dispersion qui pourrait éclairer les raisons profondes de leur disparition.

Une crise climatique majeure aurait réduit drastiquement les populations néandertaliennes en Europe
Il y a environ 75 000 ans, l’Europe subit un refroidissement intense qui bouleverse les écosystèmes. Ainsi, les Néandertaliens voient leur territoire se fragmenter et leurs ressources diminuer. Ce choc environnemental provoque un effondrement progressif de nombreuses populations et ne laisse que quelques groupes survivants dans des zones refuges.
Ces groupes rescapés se concentrent probablement dans le sud-ouest de l’actuelle France, une région plus clémente. En effet, ce repli illustre un cas typique de refuge climatique. Une espèce survit alors dans un espace limité avant de recoloniser d’autres territoires. Ce point de départ influence durablement leur évolution.
Une seule lignée issue du sud-ouest de la France s’impose ensuite sur tout le continent
À partir de ce noyau de survivants, les descendants néandertaliens s’étendent progressivement vers d’autres régions européennes. Ainsi, ce mouvement commence il y a environ 65 000 ans. Il entraîne aussi une diffusion rapide de leurs caractéristiques génétiques sur l’ensemble du continent.
Les analyses montrent que cette dispersion part d’une population très restreinte. Par conséquent, la diversité génétique initiale reste limitée. Les scientifiques parlent alors de goulot d’étranglement génétique, un phénomène qui réduit fortement les variations au sein d’une espèce.
Cette homogénéité apparaît dans des territoires très éloignés, de la péninsule Ibérique jusqu’au Caucase. Dès lors, presque tous les Néandertaliens tardifs descendent d’une seule et même lignée. Une telle uniformité reste exceptionnelle à l’échelle d’un continent entier.
L’ADN mitochondrial révèle une homogénéité génétique chez les derniers Néandertaliens
Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs étudient l’ADN mitochondrial de plusieurs individus retrouvés sur différents sites archéologiques européens. Ce type d’ADN se transmet par la lignée maternelle. De plus, il se conserve mieux et permet de retracer efficacement les filiations anciennes.
Les chercheurs analysent dix nouveaux spécimens et les comparent à des dizaines d’autres génomes déjà publiés. Ces travaux paraissent dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences. Ils confirment que les Néandertaliens tardifs partagent une signature génétique très similaire.
Les chercheurs croisent aussi ces données avec des informations archéologiques issues du projet ROCEEH (Role of Culture in Early Expansions of Humans). Ainsi, cette approche multidisciplinaire renforce la fiabilité des résultats. Elle permet aussi de reconstituer plus précisément les déplacements des populations néandertaliennes.
Une faible diversité génétique qui pourrait avoir fragilisé leur survie face à Homo sapiens
Les modèles statistiques indiquent un déclin rapide des populations entre 45 000 et 42 000 ans avant notre ère. Ainsi, cette contraction démographique augmente les risques liés à la consanguinité. Elle limite aussi la capacité d’adaptation face aux changements environnementaux.
Cette faible diversité génétique devient alors un facteur critique. En effet, une population peu diversifiée résiste moins aux maladies et aux mutations défavorables. Elle supporte aussi moins bien les bouleversements climatiques. Dans ce contexte, les Néandertaliens deviennent particulièrement vulnérables.
Lorsque Homo sapiens arrive en Europe, il possède une diversité génétique plus importante et des réseaux sociaux plus étendus. Par conséquent, cet avantage renforce sa capacité d’adaptation. Il pourrait ainsi expliquer la disparition progressive des Néandertaliens déjà fragilisés.
Par Gabrielle Andriamanjatoson, le
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