Leonardo veut éprouver en Ukraine une partie de son système Michelangelo avant les essais prévus dans l’OTAN en 2027. Ce choix place ce futur bouclier européen face aux menaces les plus dures du moment, avec un enjeu clair : valider sa promesse en situation réelle.

Pourquoi Leonardo envoie d’abord Michelangelo en Ukraine, là où les drones et missiles dictent déjà la guerre
Ce test n’a rien d’anodin. L’Ukraine subit chaque semaine des attaques mêlant drones, missiles de croisière et frappes saturantes. Pour Leonardo, ce front offre un laboratoire brutal, mais précieux, afin de mesurer un système en combat réel.
Le groupe italien reste discret sur les briques envoyées à Kiev. Toutefois, son dirigeant Roberto Cingolani a confirmé qu’un premier composant est déjà en construction. Cette prudence protège le projet, mais elle révèle aussi un choix assumé : tester vite, puis corriger vite.
Du contre-drone aux missiles balistiques, Michelangelo vise large et promet une défense bien plus connectée
Michelangelo ne désigne pas un simple missile ou un radar isolé. Leonardo le présente comme une architecture complète, ouverte et modulaire. Son rôle relie capteurs, commandement et effecteurs pour répondre à des menaces différentes dans un même cadre.
Le cœur technique s’appelle module MC5. Ce module doit connecter les domaines terrestre, maritime, aérien, spatial et cyber. Ensuite, l’ensemble exploite l’intelligence artificielle, la fusion de données et la cybersécurité pour accélérer la décision. Il choisit aussi la riposte adaptée.
Sur le papier, le système doit suivre des drones en essaim, mais aussi des missiles balistiques ou hypersoniques. En pratique, les premiers essais ukrainiens devraient surtout explorer la lutte anti-drones. Cette mission est devenue centrale dans cette guerre, avant des examens OTAN plus ambitieux.
Avant 2030, Leonardo veut transformer Michelangelo en dôme européen capable d’unir radars, IA et intercepteurs
Leonardo inscrit Michelangelo dans un calendrier serré. Après l’étape ukrainienne attendue d’ici fin 2026, l’entreprise vise des essais OTAN en 2027. Son plan industriel place ensuite la montée en puissance sur plusieurs années, avec une intégration complète visée vers 2030.
Ce calendrier compte, car il dépasse l’Ukraine. Leonardo veut proposer un dôme européen interopérable avec les moyens existants et conforme aux standards de l’Alliance. Autrement dit, Michelangelo doit dialoguer avec des plateformes nationales diverses, sans obliger chaque armée à repartir de zéro.
Satellites demain, coopérations européennes ensuite, Michelangelo vise déjà bien plus qu’un simple test ukrainien
Le projet ne s’arrête pas aux capteurs et aux batteries au sol. Leonardo prévoit aussi d’étendre la couche spatiale avec les constellations Guardian annoncées pour 2028 et 2029. Cette brique doit améliorer l’alerte, le suivi et la coordination dans plusieurs domaines.
Autre signal important, le groupe se dit ouvert à des partenariats européens, notamment avec Thales. Cette ouverture renforce la crédibilité du programme. De plus, elle montre que la bataille industrielle se joue déjà autour d’écosystèmes complets, pas seulement autour d’un matériel unique.
Enfin, l’enjeu dépasse la technique. En choisissant l’Ukraine, Leonardo cherche une preuve de valeur immédiate dans la guerre la plus observée d’Europe. Si l’essai convainc, l’effet vitrine sera immense pour l’entreprise, mais aussi pour l’autonomie stratégique européenne.
Par Eric Rafidiarimanana, le
Étiquettes: défense européenne, système antimissile
Catégories: Automobile & Mobilité, Actualités