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Le secret anti-frelons venu d’un village breton secoue la France : tout repose sur trois ingrédients anodins

À Brec’h, dans le Morbihan, une expérience locale a mis à genoux l’un des pires ennemis des abeilles. Grâce à trois ingrédients du quotidien – de la bière, du vin blanc et un sirop bien sucré – une équipe de citoyens engagés a capturé près de 8 000 reines en huit semaines, évitant ainsi des milliers de nids.

Piège anti-frelons artisanal suspendu à un arbre, capturant des frelons asiatiques à proximité de ruches au coucher du soleil
Un piège anti-frelons fait maison installé près des ruches, symbole d’une méthode bretonne simple et efficace pour protéger les abeilles – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Le frelon asiatique, un tueur d’abeilles redoutable dont les colonies prolifèrent depuis 20 ans en France

Depuis leur arrivée accidentelle en France en 2004, les frelons asiatiques ont pris une ampleur inattendue. Reconnaissables à leur tête orangée et à leur vol puissant, ces prédateurs s’attaquent en priorité aux abeilles domestiques, décimant les ruches à une vitesse alarmante. En effet, un seul frelon peut tuer jusqu’à 50 abeilles par jour, perturbant gravement la pollinisation, et donc notre production agricole.

Mais l’enjeu n’est pas que rural ou apicole : ces insectes représentent aussi un danger pour l’homme, avec leurs piqûres douloureuses, parfois graves. Par ailleurs, leurs nids, parfois perchés à plus de 15 mètres, compliquent les interventions. Bref, on avait pris l’habitude de subir. Jusqu’à ce que Brec’h décide de passer à l’attaque.

Une solution artisanale mais géniale : pourquoi ce mélange bière-grenadine-vin blanc fait fuir les abeilles et attire les frelons

C’est un peu comme une recette de grand-mère qui aurait traversé les âges sans passer par un laboratoire : un mélange aussi simple qu’efficace. On combine de la bière, du vin blanc et du sirop de grenadine, qu’on verse dans des pièges maison. Et ça marche ! En effet, le sucre attire les frelons en quête d’énergie dès les premiers redoux du printemps.

Mais le coup de génie, c’est le vin blanc. Son odeur alcoolisée agit comme un répulsif naturel pour les abeilles. Contrairement aux frelons, elles détestent l’alcool. Par conséquent, on piège les indésirables sans toucher aux pollinisateurs. Un détail qui change tout et qui rend cette méthode bien plus éthique et ciblée que d’autres approches chimiques.

Ce système, en plus d’être redoutable, est ultra accessible. Il ne nécessite ni équipements professionnels ni produits spécialisés. Mieux encore, on peut le reproduire chez soi, avec un peu de pédagogie et quelques consignes de sécurité. C’est une arme à portée de tous, et c’est précisément ce qui a séduit la commune de Brec’h et ses 125 piégeurs bénévoles.

Une opération chronométrée à la sortie de l’hiver pour piéger les reines et éviter des milliers de nouvelles colonies

Toute la stratégie repose sur un calendrier serré : du 20 mars au 20 mai. C’est le moment clé où les reines fondatrices quittent leur cachette hivernale pour créer de nouveaux nids. Les capturer à ce moment, c’est empêcher des milliers de naissances.

À Brec’h, 125 bénévoles ont été mobilisés sous l’impulsion de l’association ABSAP. Formés, équipés, motivés, ils ont quadrillé la commune avec leurs pièges maison. Grâce à cette organisation, 7 772 reines ont été capturées en deux mois. Un chiffre qui donne le vertige quand on pense aux colonies évitées.

Une méthode duplicable partout en France, déjà adoptée par d’autres communes bretonnes

Face à ce succès, d’autres communes de la région, regroupées dans l’intercommunalité AQTA, ont adopté le même protocole. Et l’intérêt grandit au-delà du Morbihan. En effet, la méthode séduit par sa simplicité et son impact direct. Capturer une reine, c’est éviter un nid. Éviter un nid, c’est sauver des milliers d’abeilles.

Mais le combat ne s’arrête pas au printemps. Tout au long de l’année, la vigilance reste de mise : chaque nid repéré doit être signalé rapidement. Ainsi, même en dehors des périodes de piégeage intensif, la mobilisation citoyenne reste essentielle. C’est une guerre d’usure, mais à Brec’h, on a prouvé que l’intelligence collective et quelques ingrédients bien choisis peuvent faire basculer la bataille.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

Source: PositivR

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