Une étude publiée en mars 2026 montre que le réchauffement climatique ralentit légèrement la rotation terrestre. L’effet reste minuscule à l’échelle humaine. Pourtant, il confirme un bouleversement physique mesurable. Ainsi, il aide déjà à comprendre le climat, ajuster le temps universel et fiabiliser certaines mesures de haute précision.

Derrière les 24 heures apprises à l’école, la Terre bouge autrement et sa rotation varie sans jamais rester parfaite
Une journée ne dure pas toujours exactement 24 heures. En effet, la rotation terrestre varie en continu. La Lune agit depuis des milliards d’années. Ensuite, l’atmosphère, les océans et les mouvements profonds de la planète modifient aussi légèrement cette durée.
Autrement dit, vos horloges civiles restent stables, mais la planète ne tourne pas comme un moteur parfait. Cette nuance compte. Ainsi, les chercheurs suivent des variations infimes. Puis, ils distinguent ce qui vient des marées, du climat ou du noyau terrestre.
Entre 2000 et 2020, 1,33 milliseconde par siècle a révélé un signal inédit depuis 3,6 millions d’années
Le chiffre marquant vient d’un travail récent mené par l’Université de Vienne et l’ETH Zurich. Les chercheurs montrent que l’augmentation actuelle de la durée du jour atteint 1,33 milliseconde par siècle. Ainsi, ce rythme ressort nettement face aux archives climatiques anciennes.
Pour remonter si loin, l’équipe a étudié des foraminifères benthiques, de minuscules organismes marins fossilisés. Ensuite, leur composition chimique renseigne sur les anciens niveaux marins. Les scientifiques peuvent alors reconstruire l’évolution probable de la durée du jour sur environ 3,6 millions d’années.
Or, le résultat mérite votre attention. La hausse observée aujourd’hui apparaît sans équivalent sur cette période. Seul un épisode proche surgit il y a environ 2 millions d’années. Toutefois, les auteurs ne disent pas que chaque siècle futur suivra automatiquement la même pente.
Quand la glace fond et que l’eau gagne l’équateur, la Terre ralentit un peu et les jours s’allongent
Le mécanisme ressemble à celui d’une patineuse qui écarte les bras. Ainsi, quand la masse s’éloigne de l’axe, la rotation ralentit. Ici, la fonte des glaces déplace davantage d’eau vers les océans et les basses latitudes. Cela freine légèrement la planète.
Ce point corrige une idée souvent répétée. En réalité, les chercheurs ne décrivent pas une masse qui descend vers le centre de la Terre. Ils parlent surtout d’une redistribution d’eau entre continents, calottes glaciaires et océans. C’est ce déplacement latéral qui change l’inertie terrestre.
Une milliseconde ne bouleverse pas votre montre, mais elle pèse déjà sur le temps précis, l’espace et les projections
Dans la vie courante, vous ne sentirez rien. En revanche, ces écarts intéressent les domaines où chaque fraction de seconde compte. Les chercheurs citent notamment la navigation spatiale. Ainsi, elle exige une connaissance très fine de la rotation terrestre pour calculer certaines trajectoires.
De plus, ces variations nourrissent le travail des spécialistes du temps universel et de la géodésie. Elles aident à relier horloges, satellites et observations de la Terre. À ce niveau, quelques millisecondes deviennent donc des données utiles plutôt qu’un simple détail.
Enfin, tout dépendra du réchauffement futur. Une étude publiée en 2024 évoquait un scénario d’émissions élevées. Dans ce cas, l’effet pourrait encore se renforcer d’ici 2100, jusqu’à dépasser l’influence moyenne de la Lune. Le message reste sobre : le climat agit déjà sur la durée du jour.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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