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La vie n’aurait pas commencé sur une planète chaude : une découverte montre que ses briques s’assemblent dans le froid extrême de l’espace

Imaginez l’origine la plus profonde de la biologie terrestre. Longtemps, on a pensé que les molécules complexes nécessitaient la chaleur des planètes. Pourtant, une étude récente montre que des briques essentielles s’assemblent spontanément dans le froid cosmique, changeant profondément notre vision de l’Univers.

Des molécules organiques lumineuses s’assemblent sur un grain de poussière glacé dans le froid de l’espace interstellaire.
Dans le silence glacé du cosmos, des molécules s’organisent et s’assemblent malgré des conditions extrêmes. Une image fascinante qui suggère que la chimie du vivant peut naître bien avant les planètes. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Une expérience reproduit le froid extrême et le vide des nuages interstellaires pour tester les limites de la chimie

L’espace paraît vide et hostile au premier regard. Pourtant, d’immenses nuages de poussières occupent les régions entre les étoiles. Ces environnements atteignent des températures proches de -260 degrés Celsius, semblant exclure toute chimie complexe ou biologique.

Pour vérifier cette idée largement admise, des chercheurs ont voulu aller plus loin. Ils ont recréé en laboratoire un vide presque parfait exposé à un rayonnement intense. L’objectif était d’observer si la matière pouvait évoluer malgré des conditions jugées extrêmes et inhospitalières.

Les résultats ont surpris la communauté scientifique. Des réactions chimiques se produisent même dans ces déserts glacés du cosmos. Cette découverte montre que le vide spatial n’est pas inactif, mais capable d’abriter des mécanismes de création inattendus.

Sous radiation cosmique, la glycine s’assemble en peptides, des éléments clés de la chimie du vivant

Les chercheurs se sont concentrés sur la glycine à l’état pur, un acide aminé parmi les plus simples. Exposée à un rayonnement intense, sans eau et à très basse température, la molécule a pourtant réagi. Contre toute attente, elle s’est assemblée pour former des chaînes plus longues, appelées peptides, directement dans le froid spatial.

Ces structures constituent la base même des protéines biologiques connues. Leur apparition spontanée dans de telles conditions suggère que des molécules associées à la vie pourraient être beaucoup plus courantes qu’estimé jusqu’ici, disséminées à grande échelle dans les nuages interstellaires de notre galaxie.

Une découverte qui bouleverse l’ordre établi sur le moment où la chimie du vivant apparaît dans l’Univers

Jusqu’à présent, les scientifiques situaient l’émergence de cette chimie complexe à un stade plus tardif de l’évolution cosmique. Elle était supposée commencer dans les disques entourant les jeunes étoiles. Or, l’étude montre que les peptides apparaissent dès les premières phases des nuages interstellaires froids, bien en amont.

Ce résultat transforme profondément les perspectives de l’exobiologie moderne. Il indique que les briques chimiques indispensables à la vie sont présentes avant même la formation des planètes. Cette avance chimique augmente mécaniquement les probabilités d’apparition du vivant ailleurs dans l’Univers observable.

Des précurseurs biologiques probablement répandus dans les systèmes planétaires situés en zone habitable

L’expérience s’est pour l’instant limitée à la glycine, un acide aminé simple mais fondamental. Toutefois, le processus chimique observé pourrait s’appliquer à d’autres acides aminés présents dans l’espace. Cela suggère que de nombreux précurseurs protéiques pourraient se former naturellement, bien avant toute structure planétaire.

Une fois formés, ces composés se déposent sur les grains de poussières cosmiques en circulation. Ils se retrouvent intégrés aux comètes, aux astéroïdes ou aux futures planètes rocheuses. Si ces corps évoluent ensuite en zone habitable, les ingrédients nécessaires à la vie sont déjà disponibles.

Cette découverte oblige à revoir en profondeur notre perception de l’Univers froid. Loin d’être un vide stérile et inerte, il apparaît désormais comme une vaste fabrique de molécules prébiotiques, capable de préparer très tôt les conditions chimiques favorables à l’émergence du vivant.

Par Eric Rafidiarimanana, le

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