La Bretagne n’a pas toujours affiché le relief modeste que nous lui connaissons aujourd’hui. Il y a très longtemps, ce territoire se situait sous les tropiques et portait des sommets gigantesques. Imaginez un décor extrême où la roche bretonne s’élevait plus haut que l’actuel mont Everest.

Quand le Massif armoricain culminait à 8000 mètres et s’imposait comme l’un des plus hauts ensembles montagneux de la planète
Le paysage actuel ne dit rien de la grandeur passée de cette région française singulière. Le Massif armoricain forme aujourd’hui un ensemble géologique modeste d’environ 65 000 km². Pourtant, ce socle rocheux appartenait à une catégorie bien supérieure de montagnes durant la période du Carbonifère.
Imaginez une chaîne montagneuse immense s’étendant à perte de vue. L’altitude moyenne atteignait alors 5 000 mètres, un niveau largement supérieur à nos repères actuels. Certains sommets spectaculaires culminaient même à 8 000 mètres, rivalisant directement avec les géants de l’Himalaya contemporain.
Difficile d’imaginer ce décor en observant les collines bretonnes actuelles. Le point culminant, le Roc’h Ruz, s’élève à seulement 385 mètres dans les monts d’Arrée. Cet écart saisissant illustre l’ampleur des forces géologiques qui ont transformé la surface de la Terre.
Quand la Bretagne évoluait sous un climat tropical, à une époque où elle se trouvait presque à l’équateur de la planète
La Bretagne n’occupait pas la même position sur le globe qu’aujourd’hui. Ce fragment de croûte terrestre constituait une petite partie du supercontinent appelé la Pangée. Il se situait alors à proximité immédiate de l’Équateur, soumis à une chaleur permanente et marquée.
Cette localisation entraînait des conditions idéales pour une végétation dense et luxuriante. Des forêts humides couvraient intégralement les flancs de ces montagnes imposantes. À la place des landes et des falaises actuelles, vous auriez observé un paysage pleinement tropical.
Comment l’érosion et la tectonique ont peu à peu effacé ces montagnes géantes du paysage breton actuel
Pourquoi ces sommets colossaux ont-ils disparu du paysage moderne ? L’explication tient à la dynamique continue des plaques tectoniques. Les géologues Arnaud Guérin et Patrick de Wever décrivent ce processus naturel comme un cycle long et inévitable.
Une chaîne montagneuse met environ 150 millions d’années à se former. Il faut ensuite une durée comparable pour qu’elle s’érode sous l’effet du vent, de l’eau et du temps. Le Massif armoricain subit ainsi un lent processus d’usure depuis la fin des collisions tectoniques initiales.
Ce lien géologique méconnu qui relie les reliefs bretons aux Alpes et à d’autres grands massifs européens
La Bretagne ne doit pas être perçue comme un ensemble géologique isolé. Le territoire français s’organise en structures montagneuses issues d’un même système ancien. Le granit de Ploumanac’h partage ainsi une origine commune avec celui présent au cœur du Mont-Blanc.
Ces roches apparentées proviennent d’une chaîne gigantesque aujourd’hui disparue. Ce lien discret rappelle l’unité géologique passée de l’espace français actuel. L’histoire de la Terre met en lumière des connexions inattendues entre des paysages désormais très éloignés.
Vous voulez imaginer l’aspect du Massif armoricain à son apogée ? Regardez du côté des Alpes néo-zélandaises, à l’autre bout du monde. Le mont Cook et ses 3 724 mètres donnent une idée frappante de la grandeur ancienne des reliefs bretons.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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