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William Brodie, l’homme qui inspira l’effrayante histoire du Docteur Jekyll et de Mr Hyde

Le « Guy Fawkes » écossais

Classique de la littérature fantastique, L’Étrange Cas du docteur Jekyll et M. Hyde a permis à l’écrivain écossais Robert Louis Stevenson d’acquérir une renommée internationale. Il s’avère que le personnage de cet honnête docteur se transformant la nuit venue en monstre sanguinaire a été inspiré par une figure historique bien réelle.

Paru en 1886, ce court roman nous conte l’histoire d’un notaire, Gabriel John Utterson, qui enquête sur le lien étrange entre Edward Hyde et le docteur Henry Jekyll. Obsédé par sa double personnalité, ce dernier met au point dans le plus grand secret un sérum qui lui permet de séparer son bon côté de sa face sombre. Mais nuit après nuit, le monstrueux Mister Hyde va prendre le dessus et commettre des actes innommables.

Né et élevé à Édimbourg, le jeune Robert Louis Stevenson possédait une armoire conçue par un certain William Brodie. Et il s’avère que l’intrigue de son oeuvre phare s’inspire largement de la vie mouvementée de ce pendant écossais de l’incontournable Guy Fawkes.

William Brodie débute sa carrière en tant qu’ébéniste et se bâtit rapidement une solide réputation dans la région d’Édimbourg. Rusé, l’homme parvient à être fait diacre de l’Incorporation of Wrights, un statut qui renforce sa position sociale et lui ouvre les portes du conseil municipal de la ville.

L’écrivain Robert Louis Stevenson en compagnie de la Princesse Liliuokalani vers 1889

Il fait par la suite valoir ses statuts d’élu et de membre du clergé pour gagner rapidement la confiance de nombreux notables. Les plus riches propriétaires de la capitale écossaise n’hésitent pas à lui confier les clés de leurs demeures, afin qu’il puisse travailler en leur absence.

Loin de se contenter de réaliser les travaux demandés, l’homme profite de ses compétences de serrurier pour réaliser à la cire les doubles des clés que ses clients lui confient. Attendant la nuit pour revenir sur les lieux, il entre discrètement, et fait main basse sur leurs objets de valeur.

Tout comme l’amical Docteur Jekyll se transformant la nuit venue en un sanguinaire Mr Hyde, la double vie de Brodie lui permet d’assouvir ses propres vices. Le fruit de ses larcins est notamment utilisé pour miser sur des combats de coqs, très en vogue à l’époque, et lui permet également d’entretenir ses deux maîtresses.

Illustration datant de la fin du XIXème siècle représentant le Docteur Jekyll (à gauche) et Mr Hyde (à droite)

Son avidité va finalement causer sa perte. En 1786, il recrute trois hommes, nommés Brown, Smith et Ainslie, pour l’aider à développer ses sombres activités. Mais à la suite d’un vol à main armée dans une officine du fisc britannique ayant mal tourné, Ainslie est capturé et dénonce ses complices pour éviter la potence.

Brodie parvient à s’enfuir aux Pays-Bas, mais est finalement arrêté à Amsterdam et renvoyé à Édimbourg pour y être jugé. La découverte, à son domicile, de copies de clés, de déguisements et de pistolets conduit à sa condamnation.

Incarcéré à la prison de Tolbooth, il est exécuté le 1er octobre 1788, devant près de 40 000 personnes. Ironie du sort, il avait en partie conçu et subventionné la potence utilisée. Selon la légende, l’homme aurait vainement porté un collet en acier dans l’espoir d’échapper à la mort.

Cette incroyable histoire inspira à Stevenson la pièce de théâtre « Deacon Brodie ou la double vie ». Si cette dernière ne rencontra jamais le succès escompté, elle est aujourd’hui largement considérée comme les prémices de l’oeuvre qui permit à l’auteur écossais de connaître un succès planétaire quelques années plus tard.

Pour rester dans l’univers des classiques de la littérature, découvrez la vie de Petrus Gonsalvus, à l’origine du mythe de La Belle et la Bête.

Par Yann Contegat, le

Source: BBC

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