
Minuit moins 85 secondes. L’Humanité n’a jamais été aussi proche de sa propre perte, selon la dernière mise à jour de la tristement célèbre horloge de l’apocalypse.
Escalade nucléaire et changement climatique
En 1947, des responsables du projet Manhattan créaient l’horloge de l’apocalypse afin d’illustrer les nouvelles menaces existentielles pesant sur le monde. Depuis, ses aiguilles sont ajustées chaque année par le conseil scientifique et de sécurité du Bulletin of the Atomic Scientists, en collaboration avec d’éminents scientifiques du monde entier.
Selon le dernier rapport annuel de l’organisation, nous nous trouvons aujourd’hui dans une impasse, caractérisée par une escalade nucléaire alimentée par les grandes puissances mondiales.
« Cette concurrence s’est transformée en une véritable course aux armements, en témoignent le nombre d’ogives et de plateformes nucléaires, ainsi que la modernisation des dispositifs de lancement aux États-Unis et en Russie », détaille le document. « Le dernier accord majeur visant à limiter le nombre d’armes nucléaires stratégiques déployées par les États-Unis et la Russie est sur le point d’expirer, et l’administration américaine envisage la reprise des essais nucléaires explosifs. »
Autre source majeure d’inquiétude : les efforts bien insuffisants des pays pour limiter le changement climatique. Alors que ses conséquences se font de plus en plus visibles, le Bulletin of the Atomic Scientists évoque une réponse mondiale inadaptée et certaines grandes puissances se détournant des énergies renouvelables.

« Vie miroir » et IA
Le nouveau rapport rappelle également l’importance d’encadrer de récentes percées scientifiques, notamment la création d’une « vie miroir » synthétisée chimiquement, qui pourrait potentiellement remplacer les microbes ou certains organismes naturels, échapper à nos systèmes immunitaires et entraîner des pandémies mortelles.
Sans surprise, l’essor de l’IA inquiète également beaucoup : outre une amplification de la désinformation, son intégration dans des secteurs sensibles, tels que l’énergie et la défense, fait craindre de nouvelles dérives.
« La tendance autocratique actuelle [forme de gouvernement où un seul individu détient le pouvoir] entrave la coopération internationale, réduit la responsabilité et agit comme un catalyseur, rendant les menaces nucléaires, climatiques et technologiques toujours plus difficiles à enrayer », concluent les chercheurs.
Par Yann Contegat, le
Source: Live Science
Étiquettes: IA, nucléaire, changement climatique
Catégories: Actualités, Monde