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Exécutions publiques : un gibet et des squelettes datant du XVIe siècle découverts à Grenoble

Un sombre chapitre de l’histoire de la capitale des Alpes

Le gibet médieval de Montfaucon (vers 1460) — © Wikimedia Commons

Des fouilles menées à l’entrée de la ville de Grenoble ont conduit à la mise au jour d’un ancien gibet, utilisé pour exhiber les dépouilles des condamnés à mort durant la seconde moitié du XVIe siècle.

Le « gibet de Grenoble »

Cette découverte macabre est intervenue en amont du réaménagement de la place de l’Esplanade, située sur la rive droite de l’Isère. À proximité des fondations en pierre de la structure, une dizaine de fosses renfermant 32 squelettes semblant y avoir été négligemment jetés. Leur analyse a révélé qu’il s’agissait très largement d’hommes (les restes de deux femmes et d’un adolescent ont été identifiés).

Les archéologues pensaient initialement être tombés sur les vestiges d’une chapelle catholique ou d’un édifice protestant. Mais l’examen des archives historiques de la capitale des Alpes, comportant un plan de charpente dont la forme et les dimensions correspondaient exactement aux maçonneries fouillées, a révélé qu’il s’agissait en fait du « gibet de Grenoble », construit entre 1544 et 1547.

Comme le détaille le communiqué de l’Institut national de recherche archéologique préventive, « sur une fondation maçonnée de 8,2 mètres de côté, huit piliers de pierre s’élevaient surmontés par des chapiteaux qui supportaient une charpente composée de pièces de bois placées à 5 mètres de hauteur ».

Les condamnés étaient exécutés (principalement par pendaison) sur la Place aux herbes, à l’époque située au cœur de la ville. Leurs cadavres étaient ensuite suspendus au gibet, lequel était bien visible depuis les embarcations naviguant sur l’Isère. De cette manière, la justice affichait ouvertement son autorité.

Suppliciés connus

Parmi les suppliciés connus, Benoît Croyet, accusé en 1573 d’avoir participé à une attaque contre Grenoble, ainsi que Charles Du Puy Montbrun, chef des huguenots du Dauphiné jusqu’à sa décapitation en 1575.

« En pleine période de guerre de religions, le pouvoir se raidit. Les condamnations des protestants ne deviennent plus la seule affaire de l’Inquisition, mais aussi celle de l’État », détaille le responsable des fouillles Nicolas Minvielle-Larousse.

D’après les chercheurs, la structure macabre n’aurait pas été utilisée plus de quelques décennies.

Pour aller plus loin, découvrez ces 14 méthodes de torture ancienne aussi morbides que tordues.

Par Yann Contegat, le

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