La géothermie extrait la chaleur du sous-sol pour produire électricité et chauffage. Encore marginale dans le mix mondial, elle reste continue et disponible 24h/24. Voici les dernières données sur les principaux pays producteurs et pourquoi cet intérêt pourrait bientôt s’accélérer.

Ce phénomène souterrain qui transforme la chaleur de la Terre en énergie disponible 24h/24 et 365 jours par an
La géothermie consiste à capter la chaleur naturelle stockée dans les profondeurs terrestres. Cette énergie ne dépend ni du soleil ni du vent. Elle puise directement dans la Terre, à des profondeurs de 500 à 2 500 mètres, et reste disponible en permanence.
Ce principe repose sur le gradient géothermique : la température du sous-sol augmente d’environ 3 °C tous les 100 mètres. Plus on s’enfonce dans la croûte terrestre, plus la chaleur s’intensifie. Cette valeur varie selon la géologie locale, mais reste suffisamment constante pour garantir une production prévisible.
La chaleur captée sert à deux usages principaux : le chauffage des bâtiments et la production d’électricité. Les installations mobilisent des forages profonds, puis injectent ou extraient des fluides selon la technique retenue. Résultat : une source d’énergie pilotable, sans émissions significatives, et renouvelable à l’échelle humaine.
États-Unis en tête, Philippines, Indonésie : comment le podium mondial de la géothermie s’est construit en 2025
Les données de Global Energy Monitor publiées en mars 2026 placent les États-Unis en tête avec 3 953 MW. L’Indonésie suit à 2 742 MW, devant les Philippines à 2 034 MW. Ensemble, ces trois nations concentrent plus de la moitié de la puissance géothermique mondiale installée.
Derrière ce trio, la Turquie (1 726 MW) et la Nouvelle-Zélande (1 377 MW) complètent un top cinq solide. Le Mexique, le Kenya et l’Italie figurent également parmi les premiers. Au total, dix pays concentrent plus de 93 % de la capacité géothermique mondiale installée.
Islande : le pays qui chauffe 90 % de ses foyers à la géothermie, un modèle que peu de nations peuvent reproduire
Neuvième au classement mondial, l’Islande illustre pourtant mieux que quiconque le potentiel de la géothermie. Grâce à son activité volcanique intense, ce pays nordique chauffe près de 90 % de ses logements avec cette ressource. Elle couvre également environ 28 % de sa production d’électricité nationale.
La France, 27e au classement mondial, n’affiche qu’une capacité installée de 2 MW pour l’électricité géothermique. Cette position modeste s’explique par un sous-sol moins favorable aux températures nécessaires à la production électrique. Toutefois, la France se distingue comme 2e producteur européen de chaleur géothermique profonde, derrière l’Italie.
Pourquoi la demande en géothermie va s’accélérer, et ce qui freine encore son déploiement dans le monde
La montée en puissance de l’intelligence artificielle crée une demande énergétique sans précédent. Les centres de données nécessitent une alimentation fiable et disponible en continu. Or, la géothermie répond exactement à ce besoin. Elle produit de l’énergie de façon constante, quelle que soit la météo.
L’Agence internationale de l’énergie est optimiste. La géothermie pourrait couvrir 15 % de la croissance mondiale de la demande électrique d’ici 2050. De plus, sa faible empreinte carbone en fait un atout majeur : environ 38 gCO₂ par kWh seulement.
Des freins réels limitent pourtant son expansion. Les coûts de forage et d’installation restent élevés, et les risques de corrosion posent des défis techniques. Surtout, la géothermie haute énergie reste liée aux zones volcaniques. Ce verrou géographique restreint mécaniquement son déploiement à l’échelle mondiale.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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