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Un foret à arc vieux de 5 300 ans réécrit l’histoire des outils de l’Égypte antique

Des dispositifs fondamentaux pour le travail du bois, de la pierre et la fabrication de perles

— © The Metropolitan Museum of Art, public domain

Le réexamen d’un petit artefact antique en alliage de cuivre a révélé qu’il s’agissait du plus ancien exemple de foret rotatif jamais découvert dans la vallée du Nil, bouleversant la chronologie de ce type de technologie.

Une réexamen et des surprises

Exhumé au début du XXe siècle d’une sépulture du cimetière de Badari (Haute-Égypte), le spécimen mesurait 63 millimètres de long pour un poids d’1,5 grammes. Jusqu’à présent, on pensait qu’il s’agissait d’un simple poinçon, daté de la fin du quatrième millénaire avant notre ère, période précédant l’unification politique de l’Égypte et l’émergence d’un État pharaonique.

Récemment, des chercheurs de l’université de Newcastle ont procédé à une nouvelle analyse microscopique, révélant des traces d’usure (fines stries circonférentielles, bords arrondis et légère courbure distale), indiquant un mouvement rotatif soutenu plutôt qu’à une simple percussion.

L’analyse a également révélé six tours de lanière de cuir encore enroulés autour de l’outil. Loin d’être de simples attaches, ces « bobines » faisaient partie du mécanisme d’un foret à arc, où une corde tendue imprimait à la tige métallique une rotation rapide et parfaitement contrôlée.

« Comparés à l’architecture monumentale et les artefacts typiques de l’élite égyptienne antique, les dispositifs qui ont sous-tendu la production artisanale restent assez peu étudiés », souligne Martin Odler, auteur principal de la nouvelle étude, publiée dans la revue Egypt and the Levant. « Les forets étaient fondamentaux pour le travail du bois, de la pierre et la fabrication de perles. »

Une robustesse remarquable et des réseaux commerciaux plus vastes que prévu

L’imagerie à fluorescence X a révélé que l’objet était constitué d’un mélange de cuivre, d’arsenic, de nickel, de plomb et d’argent. Selon l’équipe, cette composition suggère une robustesse remarquable, et la présence des deux derniers éléments des réseaux commerciaux à travers la Méditerranée orientale plus vastes qu’on ne le pensait au cours du quatrième millénaire avant notre ère.

Globalement, cette (re)découverte implique que les artisans égyptiens maîtrisaient le forage rotatif assisté mécaniquement plus de 2 000 ans plus tôt qu’on ne le pensait (jusqu’à présent les plus anciens exemples attestés remontaient au Nouvel Empire).

« À cette époque, les forets à arc apparaissaient fréquemment dans des contextes funéraires, avec des fresques montrant des artisans forant des perles et des objets en bois, notamment dans la nécropole de Thèbes », conclut Odler.

Il s’avère que les enseignants Égyptiens utilisaient également un « outil » bien connu il y a quatre millénaires : le stylo rouge.

Par Yann Contegat, le

Source: Heritage Daily

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