Aller au contenu principal

Contrôler les ondes gravitationnelles avec un laser ? Une idée folle qui pourrait prouver l’existence des gravitons

Et si un faisceau laser projeté entre deux miroirs pouvait interagir avec une onde gravitationnelle ? Une idée folle, mais prise au sérieux par un physicien théoricien allemand. À la clé : peut-être une piste vers le graviton, ce fantôme de la physique quantique.

Dispositif expérimental en laboratoire utilisant un faisceau laser et un interféromètre pour étudier l’interaction entre lumière et ondes gravitationnelles.
Un montage laser de haute précision en laboratoire permet de mesurer de minuscules échanges d’énergie entre lumière et gravité, une piste prometteuse pour explorer l’existence des gravitons – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Un dispositif laser géant pour observer un échange d’énergie entre lumière et gravité

Ralf Schützhold, chercheur à l’institut Helmholtz-Zentrum Dresden-Rossendorf, a imaginé une expérience qui donnerait littéralement la parole aux ondes gravitationnelles. Son idée : transférer de l’énergie d’une onde lumineuse à une onde gravitationnelle. En clair, faire en sorte que de minuscules paquets d’énergie – potentiellement des gravitons – passent d’une onde à l’autre.

Mais alors, comment procéder ? Grâce à des impulsions laser ultra-précises, réfléchies des millions de fois dans un interféromètre long de plusieurs kilomètres. Ainsi, cette trajectoire lumineuse gigantesque permettrait de détecter les minuscules variations de fréquence causées par l’interaction avec les ondes gravitationnelles.

On parle ici de variations de fréquence inférieures à un milliardième de milliardième. Pourtant, avec la technologie adaptée, cela pourrait suffire. De plus, un tel dispositif ne servirait pas seulement à détecter des effets de gravité : il ouvrirait aussi la voie à des interactions maîtrisées entre champs lumineux et champs gravitationnels. Ce serait une première, et un pas de géant vers une physique plus unifiée.

Un effet de fréquence infime mais détectable grâce à l’interférométrie

Dans ce scénario futuriste, l’onde lumineuse perdrait une part minime de son énergie en croisant une onde gravitationnelle. Et inversement. Ainsi, ce transfert se manifesterait par une modification très légère de la fréquence de la lumière. C’est précisément là qu’intervient l’interféromètre.

En comparant les ondes à la sortie du dispositif, il serait alors possible de détecter des effets d’interférence subtils qui signeraient ce fameux échange. Par conséquent, si ces signaux apparaissent, ce serait une première preuve expérimentale indirecte de l’existence des gravitons. Et si aucun effet ne se manifestait ? Ce serait tout aussi passionnant, car cela remettrait en question certaines hypothèses actuelles.

Des conditions techniques extrêmes qui rappellent les débuts de LIGO

Soyons clairs : ce n’est pas une manip’ de laboratoire classique. En effet, il faudrait deux miroirs géants espacés d’un kilomètre, un système optique capable de réfléchir une impulsion laser jusqu’à un million de fois, et une précision de mesure au niveau attométrique (soit un millionième de milliardième de mètre). Un vrai défi technologique.

Cependant, l’idée est loin d’être absurde. L’observatoire LIGO, qui a détecté les premières ondes gravitationnelles en 2015, repose sur des principes similaires. De plus, les avancées récentes en optique quantique, notamment avec les photons intriqués, pourraient offrir une sensibilité bien supérieure à celle d’il y a vingt ans.

Une étape potentielle vers une physique quantique de la gravité

Au-delà de la prouesse technologique, ce type d’expérience ouvrirait une nouvelle porte vers la compréhension de la gravité à l’échelle quantique. Aujourd’hui, la relativité générale d’Einstein et la mécanique quantique coexistent sans vraiment se rencontrer. Pourtant, le graviton est justement le chaînon manquant entre ces deux grandes théories.

En provoquant une interaction entre lumière et gravité, on pourrait peut-être enfin sonder l’état quantique du champ gravitationnel lui-même. Dès lors, on ne serait plus dans la spéculation : on entrerait dans la physique expérimentale de demain, celle qui redéfinirait notre lecture de l’univers.

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *