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Une expérience au long cours révèle les limites du clonage animal

Vous pouvez cloner 1 000 souris une fois, mais pas 1 000 fois une souris

souris
— Egoreichenkov Evgenii / Shutterstock.com

Alors qu’ils pensaient que le clonage « en série » de mammifères était possible, et, dans une certaine mesure, plus efficace que la reproduction sexuée, sur deux décennies, des chercheurs japonais ont observé une accumulation problématique de mutations.

Clone de clone (de clone)

Teruhiko Wakayama, de l’université de Yamanashi, et ses collègues avaient précédemment rapporté que le clonage répété de souris pouvait se faire sur 25 générations sans impact délétère apparent sur la santé des animaux. La poursuite de l’expérience a toutefois révélé qu’à partir de la 27e génération, le taux de natalité chutait progressivement, et qu’au-delà de la 58e, atteinte au bout de vingt ans, les clones ne survivaient plus après la naissance.

Des séquençages génétiques ont lié cette trajectoire à un nombre croissant de grandes variantes structurelles, un type de mutation touchant les chromosomes. L’équipe suppose qu’elles existaient déjà chez le premier clone, mais qu’une forme de sélection des individus les plus aptes à produire des clones viables à chaque génération les avait initialement contrebalancées.

La diminution de la fertilité des souris clonées était notamment associée à des modifications de la structure du placenta. Lorsque des clones de l’ultime génération ont eu l’occasion de se reproduire sexuellement, leur descendance présentait des taux de fertilité supérieurs et des placentas plus « sains », illustrant l’importance de la reproduction sexuée pour le maintien de ces traits.

Bien que les raisons restent discutées, les scientifiques japonais supposent que la technique de clonage elle-même pourrait être en cause, notamment le transfert nucléaire impliquant des manipulations mécaniques du noyau cellulaire susceptibles de l’endommager.

Type Cellule
— paulista / Shutterstock.com

Utiliser un plus grand nombre de cellules pour éviter l’accumulation de mutations

Wakayama a expliqué s’être initialement intéressé au clonage parce qu’il pensait que cette technique permettrait d’obtenir un bétail plus productif, notamment des vaches donnant de grandes quantités de lait ou des bœufs à la viande de meilleure qualité.

Si ces nouveaux travaux, publiés dans la revue Nature Communications, révèlent les limites du clonage « en série », il évoque la possibilité de stocker un grand nombre de cellules de l’animal d’origine et de les utiliser comme source pour de nouveaux individus, limitant ainsi significativement l’accumulation de mutations délétères.

En 2024, des chercheurs avaient cloné des furets en voie de disparition à partir de cellules congelées des décennies plus tôt.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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