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Chine : consommation électrique record mais émissions stables, le paradoxe qui inquiète les États-Unis

Pour la première fois de son histoire industrielle récente, la Chine stabilise ses émissions de CO2 durant 21 mois consécutifs. Cette inflexion, confirmée début 2026, ne découle pas d’un ralentissement brutal, mais d’un virage énergétique profond qui pourrait accélérer la transition mondiale.

Immense centrale solaire en Chine au coucher du soleil, avec des panneaux photovoltaïques au premier plan et des installations industrielles en arrière-plan sans fumée visible.
Des milliers de panneaux solaires s’étendent face à des infrastructures industrielles chinoises. Un contraste saisissant qui symbolise le tournant énergétique du pays après 21 mois de stabilité carbone. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Un plateau inédit des émissions chinoises qui marque un tournant structurel de son modèle énergétique

La Chine enregistre 21 mois consécutifs de stabilité carbone, selon les dernières analyses publiées début 2026. Au dernier trimestre 2025, les émissions reculent encore de 1 %. Pourtant, la consommation électrique progresse fortement dans le même temps.

Cette évolution traduit un découplage inédit entre croissance et pollution. La demande d’électricité augmente de 520 térawattheures, mais les renouvelables couvrent l’essentiel des nouveaux besoins. Ainsi, les capacités propres et le stockage progressent plus vite que la consommation.

L’essor massif du solaire et l’effondrement du ciment redessinent le paysage industriel chinois

La dynamique repose d’abord sur une production d’énergie solaire en hausse de 43 %. Pékin installe désormais ses propres panneaux à un rythme record. De plus, les énergies vertes contribuent à plus d’un tiers de la croissance économique en 2025.

Parallèlement, le secteur immobilier ralentit fortement. Cette contraction provoque une baisse de 7 % des émissions du ciment et de l’acier. Or la Chine produit environ la moitié de ces matériaux dans le monde, ce qui amplifie l’impact climatique.

En complément, les autorités lancent des projets d’ingénierie écologique ambitieux. La transformation partielle du désert du Taklamakan en puits de carbone illustre cette stratégie. Ces initiatives renforcent la transition, sans toutefois en constituer le moteur principal.

Des objectifs climatiques encore fragiles à l’approche du prochain plan quinquennal

Malgré ces avancées, l’intensité carbone ne recule que de 12 % entre 2020 et 2025. L’objectif officiel fixait une baisse de 18 %. Désormais, Pékin doit viser une réduction de 23 % d’ici 2030 pour rester aligné.

Toutefois, l’incertitude persiste autour du prochain plan quinquennal, attendu en mars. Certains documents internes évoquent une possible stagnation du charbon seulement en 2027. Ce scénario laisserait place à un ultime rebond de la consommation charbonnière.

Un basculement géopolitique où la Chine avance pendant que Washington revient aux fossiles

Le contraste international frappe les observateurs. Alors que Pékin ralentit ses émissions, l’administration Trump relance les énergies fossiles. Elle révoque notamment les régulations climatiques de 2009, modifiant l’équilibre diplomatique autour du climat.

Dans ce contexte, la Chine pourrait s’imposer comme leader industriel de la transition énergétique mondiale. Non par posture idéologique, mais par stratégie économique. Désormais, la question centrale demeure claire : ce plateau deviendra-t-il une baisse durable des émissions ?

Par Eric Rafidiarimanana, le

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