Populaire aux États-Unis de la fin du XIXe siècle aux années 1970, cette attraction controversée consistait, comme son nom l’indique, à faire plonger un cheval, monté ou non, dans un bassin situé jusqu’à 18 mètres plus bas.
UNE ATTRACTION TRÈS POPULAIRE
Alors que William Carver se trouve dans le Nebraska et traverse un pont partiellement effondré, son cheval perd l’équilibre et plonge dans l’eau. C’est cette mésaventure qui va lui inspirer l’idée des « chevaux plongeurs » en 1881.
De retour chez lui, Carver commence à entraîner plusieurs animaux à plonger et met au point un spectacle itinérant avec l’aide de son fils, Al Floyd, qui s’occupe de la construction de la tour, de la rampe et du plongeoir, et de sa fille, Lorena, qui devient sa première cavalière.

L’attraction ne tarde pas à attirer les foules dans toutes les villes de la côte Est où elle fait étape. Le premier accident tragique se produit en février 1907, alors que la troupe se produit à San Antonio (Texas). Un jeune cavalier de 18 ans nommé Oscar Smith se tue dans sa chute, tandis que l’équidé survit.
La tournée s’avérant incroyablement rentable, l’incident est largement étouffé, et celle-ci reprend ses droits seulement deux jours plus tard, ses promoteurs affirmant que « les cinq chevaux plongeurs plongeront tous ».
En 1924, Sonora Webster, qui a épousé Al Floyd Carver, devient l’une des principales cavalières du spectacle. Lorsque William Carver meurt trois ans plus tard, son fils en reprend les rênes et l’installe de façon permanente dans le parc d’attraction Steel Pier d’Atlantic City en 1929.
En 1930, la très jeune sœur de Sonora Webster, Arnette French, alors âgée de 15 ans, rejoint l’équipe pour cinq saisons. Durant sa courte carrière, elle est victime d’au moins une fracture par an. Désormais, les chevaux plongent dans un bassin de 4 mètres de profondeur depuis une tour haute de 12 mètres.
LES CHEVAUX PLONGENT DANS UN BASSIN DE 4 MÈTRES DE PROFONDEUR DEPUIS UNE TOUR HAUTE DE 12 MÈTRES
Un nouveau drame se produit un an plus tard lorsque Sonora Webster et sa monture perdent l’équilibre alors qu’elles se trouvent au sommet du grand plongeoir. La cavalière survit à la chute mais devient aveugle en raison d’un décollement des deux rétines provoqué par sa violente entrée dans l’eau, tandis que l’équidé décède des suites de ses blessures.
En dépit de ce handicap, elle continue malgré tout à assurer le spectacle jusqu’en 1942, soit 11 saisons. En 1991, les studios Disney produisent le film « À cœur vaillant rien d’impossible », basé sur son autobiographie.
Parfois obligés de plonger jusqu’à quatre fois par jour (et ce, sept jours sur sept), les chevaux plongeurs sont couverts d’ecchymoses, et lésions internes et fractures ne sont pas rares. Plusieurs enquêtes révèlent également que les organisateurs de ces évènements utilisent des décharges électriques et des portes piégées pour forcer les animaux à sauter.
Il faut pourtant attendre 1978 pour que l’état de dégradation avancé des infrastructures du parc d’attractions d’Atlantic City et les fortes pressions des associations de défense des animaux n’obligent ses promoteurs à stopper le spectacle. Peu à peu, la plupart de ces attractions disséminées à travers tous les États-Unis ferment leurs portes.
SUITE AUX PRESSIONS DES ASSOCIATIONS DE DÉFENSE DES ANIMAUX, CES ATTRACTIONS FERMENT PEU À PEU LEURS PORTES À LA FIN DES ANNÉES 1970

Lorsque Donald Trump devient propriétaire des lieux au début des années 1990, il tente de remonter un spectacle similaire, mais celui-ci est une nouvelle fois arrêté sous la pression des défenseurs du bien-être animal. En 2012, une nouvelle tentative avorte, et l’Humane Society of the United States se réjouit de « la fin miséricordieuse d’une idée extrêmement stupide ».
Très encadré, avec des équidés plongeant librement depuis une hauteur de 3 mètres, l’ultime spectacle de chevaux plongeurs aux États-Unis, dans le parc d’attractions Magic Forest de Lake George, est stoppé en 2018.
Au cas où vous l’ignoriez, il s’avère que les nazis ont (vainement) tenté de créer un race de super-chevaux.

Autrement dit, il en rest un de trop.