
Un aperçu fascinant du quotidien de nos ancêtres. De nouvelles analyses indiquent que les communautés préhistoriques européennes préparaient des plats étonnamment complexes il y a sept millénaires.
Cordons-bleus préhistoriques
Pour parvenir à cette conclusion, Lara González Carretero, de l’Université de York, et ses collègues se sont penchés sur les résidus alimentaires retrouvés dans des poteries anciennes mises au jour dans le nord et l’est de l’Europe. Publiés dans la revue PLOS ONE, leurs travaux remettent en question l’idée d’une alimentation basique chez les chasseurs-cueilleurs du continent.
Traditionnellement, les scientifiques analysaient les résidus graisseux afin de reconstituer les régimes alimentaires anciens. En combinant analyses microscopiques et chimiques, l’équipe de González Carretero a identifié non seulement des graisses animales, mais aussi des résidus végétaux.
L’examen a porté sur un total de 58 fragments de céramique, provenant notamment des bassins du Don, de la Volga, du Dniepr-Dvina et de sites côtiers baltiques, comme Dąbki, en Pologne. Si les poissons d’eau douce constituaient la base de l’alimentation des communautés vivant dans les terres, et les poissons de mer celle des zones côtières, près de deux tiers des échantillons présentaient également des traces de matière végétale.
Outre des herbes sauvages, des légumineuses et des amarantes, l’équipe a identifié des racines et des tubercules de plantes herbées ainsi que des fruits sauvages tels que les baies de viorne obier (Viburnum opulus). À Dąbki, ces dernières, connues pour devenir moins amères et plus aromatiques à la cuisson, auraient été mélangées aux poissons locaux, ce qui pourrait avoir contribué à en rehausser le goût ou faciliter leur digestion.

Des traditions culinaires régionales
Ces recherches ont également permis de mettre en évidence des traditions culinaires propres à certaines régions, suggérant un lien avec les types de céramiques produits.
Dans le bassin du Don, on cuisait généralement le poisson avec des herbes sauvages et des légumineuses, tandis que les communautés de certaines régions de l’ouest de la Russie actuelle l’associaient fréquemment aux tiges, feuilles et fleurs de chénopodes.
Globalement, la nouvelle étude appuie l’idée de « styles culinaires » régionaux déjà bien établis en Europe du Nord et de l’Est au Néolithique, et illustre le degré de sophistication culturelle des communautés humaines de l’époque.
L’an passé, une étude avait suggéré que les Néandertaliens, disparus il y a environ 39 000 ans, accompagnaient parfois leur viande d’une bonne quantité… d’asticots.
Par Yann Contegat, le
Source: Heritage Daily
Étiquettes: cuisine, néolithique
Catégories: Actualités, Histoire