
Il y a plus d’un siècle, l’auteur allemand de science-fiction Hugo Gernsback a eu une idée assez radicale (et farfelue) pour améliorer sa concentration : un casque isolant essentiellement son porteur du monde extérieur.
Limiter les distractions sonores et visuelles
Épuisé par le tumulte urbain, l’écrivain germain est sujet à de régulières « pannes d’inspiration » (le fameux syndrome de la page blanche). Afin de limiter toute source de distraction sonore ou visuelle, il s’attelle au développement d’un dispositif définitivement insolite : l’Isolator.
Ce véritable instrument de torture, présenté dans la revue Science and Invention en 1925, est un casque intégral en bois, doté d’une doublure intérieure en liège et recouvert de feutre, afin d’étouffer tout bruit parasite.
Un déflecteur placé au niveau de la bouche de l’utilisateur permet sa respiration, tandis que deux verres circulaires teintés, comportant une bande horizontale blanche, évitent que son regard ne vagabonde.
Constatant qu’au bout d’une quinzaine de minutes, le port de ce couvre-chef insolite le plonge dans un état de somnolence « peu propice à la réflexion », Gernsback le raccorde à une petite bonbonne d’oxygène, permettant de « revigorer considérablement l‘utilisateur ».

Une consommation d’oxygène faramineuse
Si un tel design permet, selon son inventeur, de bloquer jusqu’à 95 % des sons extérieurs, il est loin d’être optimal pour les échanges gazeux.
« Vous avez besoin d’un débit d’oxygène suffisant entre chaque respiration pour purger le CO2 du système, et éviter qu’il ne s’accumule dans le sang du porteur », explique l’anesthésiste Daniel Funnell. « Dans ce cas, cela aurait impliqué le changement de la bonbonne d’oxygène toutes les demi-heures environ. »
Étrangement, l’invention de Gernsback n’a pas rencontré un franc-succès.
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