
Les espèces d’oiseaux migrateurs ne sont pas étrangères aux longs périples. Il y a quelques années, une barge rousse âgée de quatre mois seulement partie d’Alaska a atteint la Tasmanie en moins de deux semaines, ce qui constitue la plus longue migration sans escale jamais documentée.
Odyssée migratoire
Affichant une envergure de 70 à 80 centimètres pour un poids compris entre 230 et 450 grammes à l’âge adulte, les barges rousses (Limosa lapponica) sont des échassiers limicoles : elles vivent et se nourrissent dans les estuaires, marais, littoraux et aux abords des cours d’eau.
Leur régime alimentaire typique comprend insectes, vers, mollusques et petits crustacés. Se reproduisant durant l’été dans les régions arctiques et subarctiques du globe, à l’arrivée de la saison froide, elles migrent sur de très longues distances vers l’hémisphère sud.
Afin de préciser les schémas des jeunes barges rousses d’Alaska, des chercheurs de l’organisation Birdlife Tasmania ont bagué plusieurs spécimens et les ont également équipés de minuscules émetteurs satellites, alimentés par l’énergie solaire.
Comme l’expliquait à l’époque Eric Woehler à la BBC, ces dispositifs ne pesaient pas plus de quelques grammes, afin de ne pas entraîner une dépense énergétique supplémentaire pour ces oiseaux se lançant dans leur toute première odyssée transcontinentale.

Un record
Après avoir pris des forces dans le delta alaskaïen de Kuskokwim, l’individu B6 s’est mis en route le 13 octobre 2022 et est arrivé en Australie le 26 du même mois, parcourant ainsi d’une traite un peu plus de 13 500 kilomètres en 11 jours seulement. Ce qui implique qu’elle ait exclusivement compté sur ses réserves corporelles pour établir ce qui reste à ce jour une migration sans escale record pour un oiseau.
Auparavant, les chercheurs supposaient que les barges rousses juvéniles s’arrêtaient à plusieurs reprises en cours de route pour se nourrir activement. Les données collectées ont montré que les régions continentales qu’elles survolaient ne rassemblaient généralement pas les conditions nécessaires.
Identifier précisément les sites de migration des oiseaux migrateurs côtiers s’avère essentiel, à l’heure où leurs populations déclinent significativement. Parmi les principales menaces pesant sur eux : le changement climatique (et l’élévation du niveau de la mer qui en découle), ainsi que la perte d’habitat et les épidémies.
En 2024, des papillons avaient effectué un vol transatlantique épique de 4 200 kilomètres, stupéfiant également les scientifiques.