
Depuis les plages écossaises de North Berwick, Bass Rock apparaît comme un monolithe rocheux aux parois abruptes, s’élevant à une centaine de mètres au-dessus des eaux grises de la baie. On revient aujourd’hui sur la riche histoire de cette île volcanique.
Île-prison
Décrit comme une « intrusion ignée » par le géologue écossais James Hutton, Bass Rock a été occupé pour la première fois autour du VIIIe siècle de notre ère, avec la fondation par l’abbé Baldred d’un ermitage. Si un château y a été bâti à la fin du Moyen Âge, il a été reconverti au XVe siècle en prison, où plusieurs presbytériens écossais s’opposant au contrôle royal de l’Église ont séjourné.
Se retrouver à Bass Rock, situé à environ trois kilomètres au large de la côte est écossaise, signifiait être essentiellement coupé du monde. Les descriptions qui en ont été faites présentent l’isolement comme une punition aussi sévère que l’emprisonnement lui-même, et la simple perspective d’y être incarcéré aurait été particulièrement dissuasive.
Le prédicateur non conformiste Alexander Shields, emprisonné sur l’île à la fin du XVIIe siècle, le décrivait ainsi comme « un rocher glacial, où les seules réserves d’eau douce et sources de nourriture, qui ne se conservaient pas, étaient acheminées depuis le continent sur des eaux imprévisibles ». Constamment exposés aux vents marins, les quartiers des prisonniers étaient également connus pour être particulièrement humides.
Dans les rares cas où les prisonniers parvenaient à tromper la vigilance des gardes et à s’échapper de la structure, les eaux glaciales et agitées ceinturant l’île constituaient une barrière naturelle infranchissable. L’un des chapitres les plus célèbres de son histoire se résume à sa prise par quatre prisonniers jacobites, partisans de la dynastie catholique des Stuart renversée lors de la Révolution glorieuse, qui l’ont valeureusement défendu contre les forces gouvernementales entre 1691 et 1694.

Un site ornithologique majeur
Aujourd’hui, l’accès à Bass Rock est strictement encadré, avec des débarquements généralement réservés à des missions scientifiques ou des opérations d’entretien ponctuelles.
Classée zone protégée, l’île est connue pour abriter plus de 150 000 fous de Bassan, ce qui en fait la plus grande colonie mondiale de cette espèce. L’été, des excursions en bateau au départ de North Berwick permettent d’en faire le tour et d’observer ce spectaculaire rassemblement d’oiseaux marins.
Si Bass Rock est souvent présenté comme « l’Alcatraz d’Écosse », il existe aussi une « Pompéi islandaise » : Stong.