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Le « collier de perles » de cette araignée cache une réalité bien plus sombre

Et sensiblement écoeurante

— © Ricardo Bassini-Silva

En examinant un minuscule arachnide provenant des collections zoologiques de l’Institut Butantan de São Paulo, des scientifiques ont identifié un cas intrigant de parasitisme, impliquant des acariens.

Talon d’Achille anatomique

Apparues au cours du règne des dinosaures, les araignées Tetragnathidae sont aujourd’hui présentes sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique. Récemment, des chercheurs brésiliens se sont penchés sur un spécimen juvénile orangé de quelques millimètres de long, qui semblait porter un étrange collier nacré.

Un examen approfondi a révélé la véritable nature de cette parure inhabituelle : des larves d’acariens parasites d’à peine 0,5 millimètre de diamètre, appartenant à une espèce nouvelle pour la science, baptisée Araneothrombium brasiliensis.

Dans ce cas, les larves avaient planté leurs crochets dans le céphalothorax de la victime, afin d’accéder à son hémolymphe, liquide nutritif au rôle analogue au sang qui baigne l’ensemble des organes internes de l’araignée.

« Il semble qu’elles privilégient les jeunes araignées, à l’exosquelette moins rigide », note Ricardo Bassini-Silva, auteur principal de la nouvelle étude, publiée dans l’International Journal of Acarology. « Le céphalothorax constitue la partie la plus accessible de leur corps, car sa cuticule [enveloppe externe] y est nettement plus fine. »

Vue dorsale et ventrale de la nouvelle espèce, gorgée d’hémolymphe — © Ricardo Bassini-Silva

Une vaste ère de répartition

Bien que l’on recense plus de 3 000 espèces d’araignées au Brésil, il s’agit seulement de la seconde espèce d’acarien parasite les ciblant jamais décrite. Jusqu’à présent, un seul autre représentant du genre Araneothrombium, observé au Costa Rica était connu, ce qui suggère également une vaste ère de répartition.

Selon Bassini-Silva, cette stratégie parasitaire ne concerne que les premiers stades de l’existence d’A. brasiliensis. Une fois matures, ses représentants se décrochent de leurs hôtes et se muent en prédateurs opportunistes, évoluant dans les sols et se nourrissant de petits insectes ainsi que d’autres acariens.

Précédemment, des chercheurs avaient documenté un cas de parasitisme fascinant chez les fourmis.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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