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Greffe : Des chercheurs rendent pour la première fois un organe universellement compatible

Ce qui permettrait de sauver davantage de vies et de gaspiller moins d’organes

Le Dr Aizhou Wang procédant à l’injection des deux enzymes dans le système de perfusion pulmonaire ex vivo — © University Health Network

Des chercheurs canadiens ont mis au point un traitement enzymatique permettant de rendre les organes prélevés « universels », afin qu’ils puissent être transplantés en toute sécurité sur n’importe quel patient.

Un traitement enzymatique prometteur

Notre groupe sanguin est déterminé par la présence d’antigènes à la surface de nos globules rouges (l’antigène A pour le groupe A, B pour le groupe B, A et B pour le groupe AB), ou leur absence dans le cas du groupe universel O. Pour les transfusions sanguines ou les transplantations d’organes, ces groupes doivent être compatibles afin d’éviter des réactions immunitaires dangereuses, mais ce pré-requis réduit les chances de nombreux patients de pouvoir bénéficier d’une greffe.

Si différentes approches prometteuses sont actuellement explorées afin de prévenir le rejet d’organes, une équipe de chercheurs supervisée par Marcelo Cypel de l’université Health Network de Toronto a réalisé une importante percée dans le domaine en concevant un traitement enzymatique expérimental permettant d’éliminer la quasi-totalité des antigènes des organes destinés à être transplantés.

Deux enzymes de l’intestin humain (FpGalNAc désacétylase et FpGalactosaminidase) ont précédemment permis de convertir des cellules sanguines de type A en cellules de type O. Les chercheurs ont cherché à vérifier si cela s’appliquait également aux organes. Pour ce faire, ils ont utilisé un système de perfusion pulmonaire ex vivo (EVLP), permettant de « préparer » les organes destinés à être transplantés en les réchauffant et en y injectant des nutriments. Dans ce cas, ces enzymes particulières étaient incluses.

— Joa Souza / Shutterstock.com

Détaillées dans la revue Science Translational Medicine, les expériences de l’équipe ont été réalisées sur des poumons humains jugés inaptes à la transplantation et provenant de donneurs de type A. Deux paires ont été soumises au système EVLP, l’une recevant les enzymes éliminant les antigènes et l’autre non. Les deux poumons ont ensuite été testés avec du sang contenant des taux élevés d’anticorps anti-A, simulant ainsi une transplantation incompatible.

Plus de 97 % des antigènes éliminés

Le traitement enzymatique a permis d’éliminer plus de 97 % des antigènes A présents dans les organes. Les poumons traités se sont donc beaucoup mieux comportés lorsqu’ils ont été exposés au sang, avec des lésions immunitaires minimales quand les organes témoins présentaient des signes importants de rejet.

Selon les chercheurs, cette découverte pourrait constituer une étape majeure vers la fabrication d’organes transplantables universels.

« Avec le système d’appariement actuel, les délais d’attente peuvent être considérablement plus longs pour les patients ayant besoin d’une greffe en fonction de leur groupe sanguin », souligne Cypel. « Disposer d’organes universels signifie que nous pourrions éliminer la barrière de la compatibilité sanguine et donner la priorité aux patients en fonction de l’urgence médicale, ce qui permettrait de sauver plus de vies et de gaspiller moins d’organes. »

Par Yann Contegat, le

Source: New Atlas

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