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Cette étude ouvre la voie à un test sanguin pour détecter les AVC mineurs

« Beaucoup de gens pourraient simplement penser qu'ils souffrent d’une mauvaise migraine, et ne pas se rendre à l’hôpital »

— Puwadol Jaturawutthichai / Shutterstock.com

Des recherches préliminaires ont permis d’identifier plusieurs biomarqueurs sanguins pouvant indiquer spécifiquement les lésions du tissu cérébral dues aux accidents vasculaires cérébraux (AVC). L’objectif de la recherche étant de mettre au point un test sanguin simple pour détecter rapidement si un patient souffre d’une attaque mineure.

« La plupart des AVC sont en fait mineurs, en termes de symptômes initiaux »

Les patients souffrant d’un AVC grave sont relativement faciles à identifier, mais la majorité des attaques cérébrales présentent initialement des symptômes légers. Environ un tiers d’entre eux ne sont pas détectés par les médecins, et la seule façon de détecter de manière concluante leur survenue est de recourir à l’IRM ou à la tomodensitométrie, qui mobilisent beaucoup de ressources.

« On pourrait penser qu’un AVC est évident, ce qui est le cas pour les AVC graves, mais la plupart des AVC sont en fait mineurs, en termes de symptômes initiaux », explique Grant O’Connell, auteur principal de cette nouvelle recherche parue dans la revue PNAS. « Beaucoup de gens pourraient simplement penser qu’ils souffrent d’une mauvaise migraine, et ne pas se rendre à l’hôpital. »

O’Connell et ses collègues de la Case Western Reserve University souhaitaient savoir si un simple test sanguin pouvait être mis au point pour indiquer si un patient avait été victime d’une légère attaque. Sachant que ces dernières années, un certain nombre d’études avaient montré que des protéines spécifiques étaient libérées dans le sang à la suite d’une lésion du tissu cérébral, ce qui avait débouché en 2018 sur l’approbation d’un premier test sanguin permettant de détecter la présence et la gravité d’une lésion cérébrale traumatique (LCT).

L’équipe de recherche a rapidement découvert que malgré l’existence d’un ensemble de connaissances préexistantes reliant certaines protéines aux lésions cérébrales, la plupart de ces biomarqueurs n’étaient pas suffisamment spécifiques à une seule affection pour être utilisés à des fins de diagnostic.

Identifier les biomarqueurs spécifiquement liés aux dommages neurologiques

« Nous avons commencé à réaliser que les protéines que nous étudiions comme biomarqueurs candidats avaient été identifiées il y a 20 à 40 ans », explique O’Connell. « Et il s’avère que nombre d’entre elles ne sont pas aussi spécifiques au cerveau que nous le pensions parce que nous les voyons maintenant exprimées dans d’autres organes, donc on pourrait croire que vous avez eu une lésion cérébrale alors que ce n’est pas le cas. »

Cette nouvelle étude s’est donc attachée à évaluer minutieusement, via des algorithmes, la quasi-totalité des gènes codant pour des protéines du génome humain afin de déterminer leur potentiel de production de biomarqueurs liés aux dommages neurologiques. Plus de 17 000 gènes codant pour des protéines ont été étudiés, et un certain nombre de marqueurs sanguins jusqu’alors inexplorés se sont révélés en corrélation potentielle avec ce type de dommages.

Pour tester les résultats obtenus, du sang a été prélevé sur un groupe diversifié de patients souffrant de diverses affections neurologiques, dont la maladie d’Alzheimer, les accidents ischémiques cérébraux et la sclérose en plaques. Outre la découverte de nouveaux biomarqueurs en corrélation avec les dommages neurologiques généraux, la recherche a porté sur plusieurs protéines spécifiquement liées aux accidents vasculaires cérébraux graves.

— Atthapon Raksthaput / Shutterstock.com

Des résultats préliminaires prometteurs

Une protéine, appelée MT-3, s’est avérée particulièrement prometteuse pour identifier spécifiquement les accidents ischémiques cérébraux. Des niveaux élevés de celle-ci ont permis de distinguer efficacement les victimes d’accidents vasculaires cérébraux des sujets témoins avec une spécificité (liée aux taux négatifs) impressionnante de 95 % et une sensibilité (mesurant les taux positifs) de 70 %.

« Si nous disposions d’un test sanguin nous permettant de savoir immédiatement si une personne est victime d’un accident vasculaire cérébral, cela pourrait faire une énorme différence pour la prise en charge des patients », souligne O’Connell.

Bien que ces recherches précoces s’avèrent prometteuses, il reste beaucoup de travail aux chercheurs avant qu’un test sanguin de détection des AVC à usage clinique ne soit proposé. Selon l’équipe, les nouvelles corrélations de biomarqueurs détectées dans le cadre de la recherche génomique laissent également entrevoir la possibilité de développer des tests similaires pour un large éventail de maladies neurologiques, comme la sclérose en plaques ou la maladie d’Alzheimer.

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