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Pourquoi la mystérieuse aile volante allemande capturée en 1945 bouscule encore les secrets militaires américains

En avril 1945, l’armée américaine met la main sur un aéronef allemand totalement inédit. Cet appareil sans queue bouscule alors toutes les certitudes militaires. Pourtant, les tests scientifiques récents racontent une réalité bien différente de la légende habituelle.

Prototype Horten Ho 229 V3 exposé dans un hangar aéronautique avec sa structure partiellement visible
Le Horten Ho 229 V3, capturé en 1945, témoigne d’une conception aéronautique allemande particulièrement inhabituelle pour son époque. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Les soldats américains découvrent une flèche de bois et d’acier sans dérive dans une usine secrète en Thuringe

Au printemps 1945, la Troisième Armée du général Patton progresse dans la ville allemande de Friedrichroda. Les troupes inspectent un atelier dévasté par les combats. Elles tombent alors sur quatre cellules inachevées du Horten Ho 229, baptisées V3 à V6.

La cellule V3 retient particulièrement leur regard. Cet engin étrange possède une aile unique en flèche sans queue verticale ni fuselage distinct. De plus, son squelette tubulaire associe du métal à des panneaux de contreplaqué mélangé à du charbon.

Les Américains comprennent immédiatement la valeur tactique de cette trouvaille inédite. Ils démontent donc l’appareil complet en trois jours seulement pour sécuriser chaque composant. En effet, cette conception aérodynamique dépasse alors largement les connaissances techniques des services alliés.

Les frères Horten parient sur la suppression totale du fuselage pour battre des records de vitesse en vol

Deux ingénieurs passionnés de vol à voile, Walter et Reimar Horten, imaginent cet appareil. Leur idée fixe élimine les pièces classiques pour réduire la traînée dans l’air. Ainsi, Hermann Göring débloque un demi-million de Reichsmarks pour soutenir leurs travaux.

Le commandement nazi commande ensuite cent exemplaires de série auprès du constructeur Gotha. Pourtant, un seul prototype effectue de réels essais dans le ciel. Ce 18 février 1945, le pilote perd la vie lors d’une chute provoquée par une panne motrice.

Le convoi allié rapatrie la cellule inachevée outre-Atlantique avant son entrée tardive au musée national

La cellule V3 n’a jamais décollé du sol allemand. Malgré cela, les officiers américains organisent le transfert du prototype vers la France puis par bateau jusqu’en Amérique. L’appareil rejoint alors le dépôt de Silver Hill dans l’État du Maryland.

Ce site porte aujourd’hui le nom de centre Paul E. Garber. L’aéronef capturé attend patiemment durant de longues années dans ces entrepôts. Puis, en 1952, la célèbre Smithsonian Institution intègre officiellement ces pièces dans son inventaire historique.

Les spécialistes lancent enfin un minutieux chantier de préservation en 2011. Cependant, l’équipe refuse formellement de reconstruire un faux avion prêt pour le vol. Ces conservateurs préfèrent stabiliser la matière brute pour stopper définitivement la dégradation des alliages.

Une expertise moderne de Northrop Grumman brise le fantasme de la toute première aile furtive de combat

Désormais, le public observe cette silhouette atypique non loin de Washington D.C. La carcasse repose précisément au sein du centre Steven F. Udvar-Hazy en Virginie. Chaque curieux contemple ainsi ces pièces démontées dans le hangar Mary Baker Engen.

En 2008, l’entreprise aérospatiale Northrop Grumman réalise des mesures radar sur la structure originale. Les techniciens démontent aussitôt un mythe persistant. Ainsi, cette carcasse historique réfléchit les ondes électromagnétiques exactement comme une simple planche de bois.

Par Eric Rafidiarimanana, le

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