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Göbekli Tepe : des sépultures humaines bousculent les théories au sujet de ce site vieux de 11 600 ans

Jusqu’à présent, seuls des ossements épars y avaient été mis au jour

Gobekli-Tepe
— AlicanA / Shutterstock.com

De récentes fouilles à Göbekli Tepe ont livré de premières sépultures humaines, bouleversant une nouvelle fois notre vision du plus ancien site mégalithique connu, érigé il y a plus de dix millénaires.

Un site préhistorique majeur

Situé à flanc de montagne dans le sud-est de la Turquie, ce complexe préhistorique monumental comprend les vestiges de nombreux bâtiments, d’énormes pierres sculptées et des structures dotées de piliers massifs, mesurant jusqu’à 5,5 mètres de haut. Au fil des décennies, les découvertes archéologiques et datations ont révélé plusieurs phases de construction entre 9 600 et 8 200 avant notre ère, quand la Terre sortait tout juste de sa dernière période glaciaire.

Cette période coïncide avec le développement de l’agriculture dans cette partie du globe et avec la sédentarisation progressive des populations de chasseurs-cueilleurs dans les bassins supérieurs du Tigre et de l’Euphrate, une transition majeure vers des sociétés plus complexes.

Pendant longtemps, on a toutefois pensé que Göbekli Tepe était un site cérémoniel, en raison de l’absence apparente de structures résidentielles et de squelettes humains (avec uniquement des os brisés et épars mis au jour depuis les années 1990).

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue PLOS One, des chercheurs de l’Institut archéologique allemand ont découvert les premières sépultures humaines. Datée de 8 700 à 8 000 avant notre ère, la première était une fosse en forme de rein dans laquelle avaient été inhumés une femme, un homme et une adolescente, tandis que la seconde était celle d’un individu féminin âgé d’une vingtaine d’années, dont la dépouille avait été placée sur le flanc en position recroquevillée.

Trois des squelettes mis au jour à Göbekli Tepe — © Gresky and Clare / 2026 PLOS One / CC-BY

Deux hypothèses

L’équipe a avancé deux hypothèses pour expliquer une telle situation : des crânes et os longs délibérément déplacés dans les structures rituelles de Göbekli Tepe, peut-être dans le cadre d’un « culte des crânes » similaire à ceux documentés sur d’autres sites européens datant de la même période, ou des sépultures situées dans les parties plus élevées du site, dont les restes auraient ensuite été charriés jusqu’à ces bâtiments par des glissements de terrain.

À ce stade, la seconde est jugée la plus plausible, en raison notamment de squelettes aux os souvent fracturés, recouverts de dépôts calcaires et présentant, comme les restes humains précédemment identifiés, de probables traces de dents de rongeurs.

Associée à la récente mise au jour des premiers vestiges de structures résidentielles à Göbekli Tepe, cette découverte appuie l’idée d’un établissement néolithique à la dimension rituelle marquée, où des humains vivaient et étaient inhumés.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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