À Jérusalem, l’Aïd al-Fitr du 20 mars 2026 n’a pas ouvert les portes d’al-Aqsa. Les autorités israéliennes ont maintenu la fermeture du site et de la vieille ville. Pour des milliers de fidèles palestiniens, la fête a basculé dans la frustration, puis la tension.

Depuis le 28 février, Jérusalem vit sous restriction, et la fermeture d’al-Aqsa pour l’Aïd marque une rupture
Depuis le 28 février, Israël restreint l’accès à la vieille ville de Jérusalem. Seuls les résidents et certains commerçants passent. Dans ce périmètre, les lieux saints ont fermé les uns après les autres. Al-Aqsa, le Saint-Sépulcre et le Mur occidental ont subi ce tour de vis.
Vendredi matin, la police a bloqué les fidèles dès l’aube aux portes du sanctuaire. Officiellement, l’exécutif invoque des raisons de sécurité liées à la guerre régionale. Dans les faits, des centaines de personnes ont prié dehors, au plus près des remparts.
Pour l’Aïd, al-Aqsa fermée pour la première fois depuis 1967, et ce précédent inquiète déjà Jérusalem
La scène frappe les esprits, car elle n’avait plus eu lieu pour l’Aïd depuis 1967. Cette fois, la fermeture ne ressemble pas à une simple restriction. Pour beaucoup d’habitants, un précédent lourd s’installe dans un lieu où chaque geste compte.
Ces derniers mois, les interpellations de fidèles ont aussi augmenté dans la vieille ville. Des arrestations ont eu lieu jusque dans l’enceinte du site, y compris pendant la prière. En parallèle, les boutiques palestiniennes ont reçu l’ordre de baisser le rideau.
L’imam d’al-Aqsa a donc appelé les croyants à prier dans les rues voisines, au plus près de la mosquée. Ce déplacement forcé a changé la portée du rite. L’image d’une prière dans la rue a résumé, à elle seule, la journée.
Condamnations régionales et droit des cultes : la fermeture d’al-Aqsa rallume un dossier explosif
Très vite, la Ligue arabe, l’Organisation de la coopération islamique et l’Union africaine ont dénoncé une atteinte grave au statu quo. Leur message cible la liberté de culte et les règles historiques qui encadrent les lieux saints de la vieille ville.
Cette réaction dépasse le seul calendrier religieux. Elle rappelle que Jérusalem concentre trois monothéismes et une charge politique unique. Dans cet espace minuscule, chaque fermeture brutale devient un signal régional. C’est aussi pour cela que l’épisode résonne bien au-delà d’Israël.
À Gaza et en Cisjordanie, un Aïd sans maison ou sans proches prolonge une fête déjà écrasée par la guerre
Pour beaucoup de Palestiniens, la fermeture d’al-Aqsa s’ajoute à une autre blessure. L’Aïd arrive après des mois de déplacements, de pertes et de séparation. La crise humanitaire continue, même quand certains bombardements ralentissent. La fête ne suspend ni l’exil ni le manque.
À Gaza, des familles vivent encore loin de chez elles, parfois loin des leurs. En Cisjordanie aussi, l’instabilité bouscule les retrouvailles. Le contraste frappe. Ailleurs, l’Aïd rassemble. Ici, les fêtes sous tension rappellent surtout la fatigue et l’incertitude.
Ce 20 mars 2026, l’Aïd n’a donc pas seulement changé de décor à Jérusalem. Il a aussi changé de sens pour une partie des fidèles. Entre accès bloqué, rues quadrillées et prières dehors, le jour de fête s’est transformé en test politique.