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Après SpaceX et Cosmos 954, une nouvelle méthode pourrait enfin localiser les débris spatiaux dangereux

Face à la multiplication des retombées incontrôlées, une approche scientifique inspirée des météorites pourrait transformer en profondeur la surveillance des débris spatiaux. Elle réduirait concrètement les risques pour les populations et l’environnement, tout en offrant des outils plus précis, plus rapides et mieux coordonnés à l’échelle mondiale.

Débris spatiaux et fragments de satellites en orbite autour de la Terre, avec un objet entrant dans l’atmosphère à grande vitesse.
Débris spatiaux en orbite terrestre et objet en rentrée atmosphérique, symbole des risques croissants liés à la pollution de l’espace proche – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Pourquoi la prolifération des débris spatiaux rend leur suivi plus urgent que jamais

Au-dessus de nos têtes, des milliers d’objets artificiels filent à des vitesses vertigineuses. Ainsi, entre satellites hors service, fragments issus de collisions et étages de fusées abandonnés, l’orbite terrestre ressemble de plus en plus à une décharge invisible. Pourtant, ces débris spatiaux, parfois minuscules, représentent une menace bien réelle.

Les objets de plus de dix centimètres sont déjà suivis depuis le sol. Toutefois, ils ne constituent qu’une fraction du problème. En réalité, des millions de fragments plus petits circulent à des vitesses pouvant atteindre 16 kilomètres par seconde. À cette allure, le moindre impact libère une énergie colossale.

En orbite basse, la densité d’engins actifs augmente les risques de collisions en chaîne. Par conséquent, chaque explosion génère de nouveaux fragments et alimente un cercle vicieux inquiétant. Dès lors, lorsque certains éléments pénètrent dans l’atmosphère, une question s’impose : où vont-ils tomber exactement ?

Les limites des systèmes optiques et radars pour prévoir précisément les points d’impact au sol

Aujourd’hui, la surveillance repose principalement sur des capteurs optiques et des radars sophistiqués. Certes, ces outils permettent de suivre des trajectoires globales. Cependant, ils peinent à prédire avec précision le lieu d’impact final. L’incertitude peut alors s’étendre sur des centaines de kilomètres. Elle complique toute intervention rapide.

Cette imprécision a déjà laissé des débris introuvables. Certains étaient porteurs de métaux lourds ou de substances potentiellement radioactives. Par conséquent, sans localisation fine, les équipes au sol interviennent tardivement. Parfois, elles n’interviennent pas du tout. Les conséquences environnementales restent donc difficiles à évaluer et à contenir efficacement.

Exploiter le bang supersonique et les réseaux de sismomètres pour détecter chaque entrée atmosphérique

Lorsqu’un objet traverse l’atmosphère à une vitesse supérieure à celle du son, il produit un bang supersonique. Ensuite, cette onde de choc se propage dans l’air puis jusqu’au sol. Là, elle peut être enregistrée par des instruments extrêmement sensibles. C’est précisément sur ce phénomène que repose l’idée innovante.

Les chercheurs proposent d’utiliser les réseaux mondiaux de sismomètres, habituellement dédiés à la détection des séismes. En effet, ces capteurs, répartis sur tous les continents, enregistrent déjà les vibrations les plus discrètes. Ainsi, en adaptant les algorithmes d’analyse, il deviendrait possible d’identifier la signature spécifique d’un débris entrant.

En croisant les données de plusieurs stations, il devient possible de trianguler la source du signal. De cette manière, la zone d’impact estimée serait beaucoup plus restreinte. Cette méthode offrirait alors un gain précieux en rapidité. Elle réduirait aussi les marges d’erreur actuelles.

Une adaptation des techniques d’étude des météorites qui pourrait transformer la gestion des risques

L’approche ne sort pas de nulle part. En réalité, elle s’inspire des méthodes employées pour localiser les météorites tombées sur Terre ou observées sur Mars. Ces techniques ont déjà prouvé leur efficacité. Elles permettent de reconstituer des trajectoires et d’identifier des points d’impact à partir d’ondes détectées à distance.

Testée lors d’une rentrée atmosphérique contrôlée, la méthode a démontré sa capacité à repérer des objets de taille modeste. De plus, elle a permis d’en préciser la localisation. Si elle est déployée à grande échelle, elle pourrait améliorer la récupération rapide des fragments. Elle limiterait aussi la dispersion de substances toxiques.

À terme, cette stratégie pourrait devenir un maillon essentiel de la gestion des risques spatiaux. En combinant observation orbitale et détection sismique, les autorités disposeraient d’un outil complémentaire. Ainsi, elles pourraient mieux protéger infrastructures, populations et écosystèmes face à un phénomène appelé à s’intensifier.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

Source: Sciencepost

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