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Les Romains utilisaient des excréments humains comme remède et le thym pour masquer leur odeur

À Rome, fais comme les Romains

— © JoJan / Wikimedia Commons

L’analyse chimique du contenu d’une fiole romaine vieille de près de deux millénaires a révélé un mélange d’excréments humains et de thym, alors utilisé pour traiter différentes affections.

Des composés organiques révélateurs

Alors qu’il inspectait les archives du musée de Bergama, en Turquie, l’archéologue Cenker Atila a été intrigué par la présence de flocons sombres dans de minces récipients en verre datant de l’ère romaine, connus sous le nom « d’unguentaria ». Si de tels objets étaient habituellement utilisés pour stocker de l’huile ou du parfum, l’un des spécimens étudiés s’est avéré renfermer une préparation médicinale antique bien peu ragoutante.

Provenant d’une sépulture de l’ancienne ville de Pergame, dans l’ouest du pays, ceux-ci ne dégageaient pas de mauvaise odeur lorqu’ils ont été ouverts. Des analyses chromatographiques et spectroscopiques ont toutefois révélé la présence de deux composés organiques révélateurs : le coprostanol et le 24-éthylcoprostanol.

« L’identification de ces biomarqueurs fécaux et leurs rapports indiquent que l’unguentarium romain contenait des excréments humains », écrivent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans le Journal of Archaeological Science: Reports.

Autre découverte significative : du carvacrol, principal composé aromatique de l’huile essentielle de thym. « Des sources textuelles anciennes nous ont permis de relier cette préparation médicinale au célèbre médecin gréco-romain Galien », détaille Atila.

Preuves directes

Entre le second IIe et le IIIe siècle de notre ère, Pergame constituait l’un des principaux centres de la médecine antique, grâce aux travaux de cet illustre anatomiste, qui ont largement influencé le développement des sciences médicales occidentales au cours de siècles suivants.

Il apparaît que les remèdes populaires à base d’excréments visaient essentiellement à traiter les infections, les réactions inflammatoires et les troubles de la fertilité. Dans l’un de ses ouvrages, Galien évoquait par exemple les vertus thérapeutiques des selles d’un enfant ayant consommé des légumineuses, du pain et du vin.

« Ces travaux apportent la première preuve organique directe de l’utilisation médicinale des matières fécales dans l’Antiquité gréco-romaine et montrent que les praticiens masquaient leur odeur nauséabonde à l’aide d’herbes aromatiques », concluent les chercheurs.

À l’époque de l’Empire romain, les Grecs auraient également utilisé la crasse des athlètes, à laquelle ils attribuaient des propriétés « émollientes, calorifiques et explétives », pour traiter de nombreuses affections, comprenant verrues génitales et inflammation rectale.

Par Yann Contegat, le

Source: Live Science

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