Elon Musk l’assure : le robot humanoïde Optimus sera vendu au public d’ici fin 2027. Mais après cinq années de démonstrations peu convaincantes, de promesses glissantes et d’annonces spectaculaires, difficile de ne pas accueillir cette nouvelle déclaration avec une certaine réserve. Le doute s’installe, encore une fois.

Derrière l’effet d’annonce à Davos : un calendrier répété sans livrable concret
Difficile de ne pas ressentir un effet de déjà-vu face à la dernière déclaration d’Elon Musk au Forum économique mondial de Davos. En effet, Tesla Optimus serait disponible d’ici fin 2027. Depuis cinq ans, le patron de Tesla annonce l’arrivée imminente de ce robot humanoïde révolutionnaire. Pourtant, aucune preuve concrète de son avancée n’a été montrée.
Depuis la première présentation en 2021, Optimus est censé tout faire : porter des charges, aider en usine, cuisiner, servir un café… Cependant, entre les vidéos peu convaincantes, les démonstrations assistées par des opérateurs humains et l’absence de tests publics, le projet reste loin d’un robot capable de remplacer l’homme au quotidien. Musk affirme que des prototypes travaillent déjà dans les usines Tesla. Aucune preuve tangible n’a cependant été fournie pour étayer ces dires.
Conception d’un robot polyvalent : un défi technique encore hors de portée
Fabriquer un robot humanoïde vraiment autonome, fiable et sûr reste aujourd’hui un défi colossal. Concrètement, il faut concevoir une machine capable de manipuler des objets fragiles, de se déplacer dans des environnements complexes et d’interagir en toute sécurité avec des humains. Or, aucune entreprise n’a encore atteint ce niveau, même pas Boston Dynamics après vingt ans de recherches.
Par ailleurs, Tesla en est encore à ses débuts dans ce domaine. Le départ récent de Milan Kovac, directeur du projet Optimus, suscite d’ailleurs des interrogations. En ce qui concerne les délais annoncés, ils semblent une nouvelle fois très irréalistes. Elon Musk nuance son engagement en précisant que la commercialisation n’aura lieu que si Tesla est « pleinement confiante ». Une formule floue, pratique pour justifier de futurs retards.
Une stratégie de communication millimétrée qui continue d’enflammer la Bourse
Il est frappant de constater que chaque annonce de Musk entraîne une hausse immédiate de l’action Tesla. Par exemple, après son discours à Davos, le titre a bondi de plus de 3 % en quelques heures. Ce n’est plus un projet industriel qui captive, mais un mythe technologique, nourri par la promesse d’un futur toujours à portée de main.
Pourtant, les exemples d’engagements non tenus se multiplient : conduite autonome, taxis-robots, vols habités vers Mars… Autant de projets toujours « sur le point » de devenir réalité. Dès lors, Optimus pourrait bien être le prochain à rallonger cette liste.
Difficile d’imaginer un robot humanoïde domestique vendu à grande échelle dès 2027
La question reste entière : faut-il encore croire à une arrivée grand public d’ici 2027 ? Certes, les avancées en IA et robotique sont indéniables. Cependant, envisager un robot humanoïde produit en masse, fiable et accessible financièrement dans un délai aussi court paraît hautement improbable.
Dans les faits, il semble plus réaliste de penser qu’Optimus poursuivra ses apparitions dans des démonstrations orchestrées. Il réalisera quelques gestes simples dans des contextes maîtrisés, et verra sa commercialisation reportée à une date ultérieure. Encore. Et encore.
Dans l’univers de la robotique, la rigueur scientifique, les tests répétés et les résultats observables restent des piliers essentiels. En fin de compte, ces éléments sont bien plus solides que les promesses spectaculaires. L’innovation ne se mesure pas à l’audace d’un discours, mais à la constance du progrès réel. Sur ce terrain, Tesla doit encore faire ses preuves.
Par Gabrielle Andriamanjatoson, le
Source: Journal du Geek
Étiquettes: Elon Musk, Tesla Optimus
Catégories: Robots & IA, Actualités