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Recueilli dans un refuge, ce capybara n’a qu’un but : dormir avec Milo, le chien qui a sauvé sa vie sociale

Il y a des animaux qui vous prennent de court. George, capybara recueilli dans un refuge britannique, n’a rien d’ordinaire. Son meilleur ami est un chien, sa passion : les siestes sur canapé. Et il nous pose une question vertigineuse : désapprendre à être soi, est-ce possible ?

Capybara et chien endormis côte à côte sur un canapé dans un intérieur chaleureux
Recueilli dans un refuge, ce capybara a trouvé sa place auprès de Milo, le chien avec qui il partage désormais ses siestes et sa sérénité – DailyGeekShow.com / Image Illustration

L’impossible intégration d’un capybara dans son propre groupe, malgré tous les efforts du refuge

Quand George est arrivé au refuge WildSide Exotic Rescue, tout semblait prévu pour qu’il coule des jours heureux. Le sanctuaire lui offrait un cadre rêvé : un grand enclos arboré, une piscine fraîche, et cinq autres capybaras avec qui partager cette nouvelle vie. Pourtant, rapidement, les soigneurs ont compris que quelque chose clochait. George semblait constamment stressé, mal à l’aise, sur ses gardes.

De plus, le comportement des autres capybaras n’arrangeait rien : ils le suivaient, l’intimidaient, parfois même le chassaient. L’atmosphère devenait pesante, loin de la socialisation attendue. En conséquence, George fuyait la compagnie de ses semblables. Il ne cherchait pas à s’intégrer. Il cherchait à s’échapper. Une réaction incompréhensible pour un animal réputé grégaire.

Face à cet échec, les soigneurs ont alors tenté plusieurs plans B. Cohabitation à deux, enclos privé, piscine individuelle, herbe tendre à volonté… Hélas, rien n’y faisait. George trouvait toujours un moyen de s’enfuir, quitte à escalader plus d’un mètre cinquante de barrière — un exploit inédit pour un capybara. Autrement dit, il ne voulait pas d’un territoire, il voulait retrouver un lien.

Un passé de capybara domestiqué qui a totalement reprogrammé son comportement social

Ce n’est qu’en creusant dans son histoire que tout a commencé à faire sens. George n’a pas grandi dans les marais ou les savanes d’Amérique du Sud. Au contraire, il a été acheté comme animal de compagnie, quelque part au Royaume-Uni. Et dans cette maison, il n’y avait pas de capybaras… mais des chiens.

Dès lors, tout s’éclaire : George court, saute, quémande des câlins, prend la place sur le canapé… comme un chien. Lorsqu’il est content, il se met sur le dos pour des gratouilles. Clairement, il ne connaît pas les codes sociaux des siens, mais maîtrise ceux du meilleur ami de l’homme. En somme, il ne s’est jamais vu capybara, en réalité.

Une nouvelle routine au refuge, entre suricates, ratons laveurs et surtout Milo, son complice à quatre pattes

Après une année de tentatives infructueuses et de fugues rocambolesques, le sanctuaire a fini par baisser les bras. Finalement, pourquoi le forcer à vivre une vie qu’il ne comprend pas ? Aujourd’hui, George vit dans une grande grange chauffée, à sa guise. Parfois, il rend visite aux suricates pour un massage du dos. Quand ceux-ci ne sont pas disponibles, il tente sa chance auprès des ratons laveurs. Mais surtout, il passe ses journées avec Milo.

Milo, c’est un chien recueilli lui aussi, au tempérament doux. Une âme calme, rassurante. Peu à peu, les deux sont devenus inséparables. On les retrouve côte à côte, en promenade ou affalés sur le canapé, au soleil ou dans un coin moelleux. Autrement dit, c’est avec Milo que George a trouvé sa “meute”.

Un destin façonné par l’humain : peut-on vraiment redevenir soi-même après une vie domestique ?

Cette histoire m’interpelle profondément. Elle interroge non seulement notre rapport aux animaux exotiques, mais aussi notre capacité à revenir à ce qu’on est censé être, quand on a été élevé autrement. George aurait dû être un capybara parmi d’autres, dans une mare, à brouter et barboter. Or, l’humain l’a modelé. Désormais, il ne sait plus vivre selon ses instincts.

Alors non, il ne retournera jamais à la vie sauvage. Et c’est triste, oui. Triste parce que cela nous rappelle à quel point l’humain peut façonner un être à son image. Néanmoins, George n’est pas malheureux. Il a trouvé un équilibre, un refuge, une complicité rare avec un chien. Et peut-être que cela suffit.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

Source: Wamiz

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