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Le secret des sondes Voyager toujours actives à 25 milliards de km ? Une batterie nucléaire vieille de 50 ans

Comment une technologie des années 60 alimente encore des sondes à plus de 25 milliards de kilomètres ? Les missions Voyager illustrent une réussite technologique rare, mêlant ingénierie visionnaire, fiabilité énergétique et résilience spatiale. Un cas unique de longévité, toujours opérationnel, qui interroge et impressionne près d’un demi-siècle après le lancement.

Sonde Voyager équipée de son antenne parabolique, voyageant dans l’espace interstellaire au milieu des étoiles.
La sonde Voyager, lancée en 1977, continue de transmettre des données depuis l’espace interstellaire grâce à son générateur nucléaire à radioisotope – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Comment une invention de la guerre froide est devenue la clé des missions d’exploration longue durée

Tout commence en 1961 avec le lancement de Transit IV-A par la NASA. Ce satellite embarque un générateur à radioisotope, ou RTG, transformant la chaleur du plutonium-238 en électricité. Depuis, cette énergie continue, insensible aux variations environnementales, est devenue indispensable pour les missions lointaines. Elle s’impose donc comme une solution fiable face aux limites des panneaux solaires.

Ainsi, dès les années 60, la NASA intègre le RTG à de nombreuses missions emblématiques, d’Apollo à Cassini. Ce choix repose sur une production d’énergie stable, indépendante du Soleil. Contrairement aux technologies solaires, il garantit une autonomie énergétique constante, y compris dans l’obscurité spatiale. C’est précisément cette continuité qui le rend essentiel dans les missions d’exploration prolongées.

Pourquoi Voyager 1 et 2 fonctionnent encore après 45 ans et 25 milliards de kilomètres parcourus

Les sondes Voyager, lancées en 1977, étaient conçues pour durer seulement quelques années. Pourtant, elles traversent toujours l’espace interstellaire après plus de 45 ans de service. Voyager 1 détient aujourd’hui le record de distance, à plus de 25 milliards de kilomètres de la Terre. Leur longévité s’explique notamment par la fiabilité remarquable de leurs générateurs nucléaires.

Ces générateurs produisent encore près de 250 watts, malgré l’usure du temps. Leur déclin est progressif, ce qui permet aux sondes de rester partiellement actives. Grâce à cette lente décroissance énergétique, certains instruments scientifiques peuvent continuer à fonctionner. Ainsi, chaque watt restant est optimisé pour transmettre des données rares sur l’espace profond.

En fin de compte, cette performance est le fruit d’une ingénierie conçue pour durer. Les choix techniques faits dans les années 70 ont permis aux sondes de dépasser largement leur durée de vie prévue. Elles incarnent ainsi un rare exemple de robustesse et d’efficacité, capables de résister à des décennies d’exposition à l’environnement spatial extrême.

Pourquoi les panneaux solaires ne suffisent pas quand on quitte l’orbite terrestre

L’énergie solaire domine en orbite basse, mais elle montre rapidement ses limites dès qu’on s’éloigne du Soleil. En effet, l’intensité lumineuse décroît fortement, rendant les panneaux solaires peu efficaces. De plus, une orientation inadéquate ou des conditions environnementales hostiles peuvent interrompre la production électrique. Ces contraintes limitent donc leur usage dans l’espace profond.

Le RTG, lui, n’a besoin d’aucune lumière pour fonctionner. Il délivre une puissance constante, quelles que soient les conditions extérieures. C’est pourquoi il reste incontournable pour les sondes éloignées du Soleil. Son indépendance énergétique est cruciale dans des environnements hostiles ou isolés. Il demeure, à ce jour, la seule alternative fiable pour les très longues missions.

Réacteurs lunaires, propulsion nucléaire : ce que prépare la NASA pour les prochaines décennies

L’exploration spatiale de demain comptera encore sur le nucléaire. Par exemple, la mission Dragonfly, prévue pour 2028, embarquera un RTG pour explorer Titan, lune de Saturne. De son côté, le projet DRACO, attendu pour 2027, testera une propulsion nucléaire innovante, promettant des vitesses et une efficacité inédites pour les futures missions lunaires et interplanétaires.

Par ailleurs, d’autres projets visent à implanter des réacteurs nucléaires sur la Lune. Ils pourraient alimenter les futures bases habitées en énergie et en chaleur. Ces technologies doivent donc être compactes, fiables et durables pour fonctionner sans assistance humaine. Ainsi, le nucléaire apparaît comme un pilier essentiel du développement d’une présence humaine durable dans l’espace.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

Source: Futura

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