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La Russie veut frapper fort cet hiver en Ukraine : pourquoi ce pari militaire pourrait tourner au désastre logistique total

Malgré les leçons du passé, Moscou choisit l’hiver pour intensifier sa pression sur l’Ukraine. Ce choix, loin d’être anodin, fait écho aux erreurs stratégiques les plus célèbres de l’histoire militaire. En 2026, alors que les lignes de ravitaillement russes sont déjà sous tension, cette offensive hivernale pourrait bien tourner au désastre.

Soldat russe avançant dans une ville ukrainienne détruite en hiver, au milieu des ruines et de la neige, symbole des difficultés logistiques de l’offensive russe.
Dans une ville ukrainienne ravagée par les combats, un soldat russe progresse sous un ciel hivernal, illustrant la fragilité logistique et humaine d’une offensive menée dans des conditions extrêmes – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Une armée russe plus massive que jamais mais toujours enlisée dans les mêmes impasses

L’annonce a fait l’effet d’un électrochoc : plus de 700 000 soldats russes seraient désormais engagés dans l’invasion de l’Ukraine. Un chiffre impressionnant, mais qui ne reflète pas forcément un tournant militaire décisif. Depuis des mois, la Russie piétine. À Pokrovsk, les combats durent depuis un an et demi, sans percée significative. Même chose à Chasiv Yar, où Moscou revendique une victoire que le terrain conteste encore.

Cette surenchère en effectifs traduit surtout une impasse stratégique : quand les lignes ne bougent plus, on envoie plus d’hommes. Mais dans un conflit moderne, cela ne suffit plus. Les fortifications ukrainiennes – tranchées, obstacles anti-chars, systèmes défensifs – rendent chaque mètre gagné extrêmement coûteux.

Choisir l’hiver pour attaquer : une décision qui défie la logique militaire et les leçons de l’Histoire

L’histoire militaire regorge de mises en garde. De Napoléon à Hitler, l’hiver d’Europe de l’Est a brisé les rêves de conquête les plus ambitieux. Froid extrême, terrains impraticables, logistique alourdie : tout concourt à transformer une offensive en bourbier. Pourtant, Moscou semble vouloir rejouer cette partition, en espérant que 2026 fera exception.

Pourquoi prendre un tel risque ? Sans doute pour surprendre, pour exploiter un moment de fatigue ukrainienne ou tirer parti d’un calendrier international favorable. L’hiver, en théorie, ralentit tout le monde. Mais c’est oublier que l’Ukraine a appris à se battre sous la neige, avec une résistance de terrain aguerrie et mobile.

Dans les faits, le climat transforme chaque avancée en épreuve. La boue englue les véhicules, les armes gèlent, les routes deviennent des pièges. Les besoins logistiques explosent : chauffage, rations supplémentaires, carburant. Et sur ce point, la Russie peine déjà. Une attaque hivernale mal préparée pourrait vite se retourner contre elle.

Une stratégie ukrainienne redoutablement efficace : frapper la logistique pour désorganiser l’armée ennemie

Depuis plusieurs mois, les Ukrainiens concentrent leurs efforts sur les lignes de ravitaillement ennemies. Le résultat est sans appel : des colonnes de camions détruits, des dépôts de munitions qui explosent, des ponts coupés. La tactique est connue, redoutable : frapper non pas l’ennemi en ligne directe, mais son ventre logistique.

Les véhicules de transport russes, souvent non blindés, circulent sur des routes faciles à prédire. Ils deviennent des proies idéales pour les drones, les frappes d’artillerie, les embuscades. Et quand les chaînes d’approvisionnement cèdent, même une armée nombreuse se retrouve paralysée. Privée de carburant, de renforts, de munitions.

Le précédent de Kucheriv Yar : quand les failles logistiques russes font basculer une bataille

L’exemple de Kucheriv Yar est édifiant. Reprise temporairement par les forces russes, la ville a été reprise par les Ukrainiens après une opération de contournement logistique. Isolés, incapables de se ravitailler ou de recevoir des ordres, les soldats russes ont été forcés d’abandonner leurs positions. Ce scénario pourrait bien se répéter dans d’autres zones.

En lançant une grande offensive d’hiver, Moscou espère probablement gagner du terrain avant le printemps. Mais chaque avancée pourrait se transformer en piège : des poches d’hommes encerclés, incapables de tenir leurs positions, piégés par une logistique défaillante. Une victoire éphémère au goût amer.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

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