En février 2026, une équipe annonce une découverte rare en République tchèque : 29 outils en pierre, regroupés comme dans un sac disparu. Retrouvés sur le site de Milovice IV, ils offrent un accès direct à la vie d’un chasseur-cueilleur du Paléolithique supérieur.

À Milovice IV, une découverte datée entre 30 250 et 29 550 ans éclaire une occupation brève mais précise
Les fouilles menées sur le site de Milovice IV ont révélé une couche archéologique datée entre 30 250 et 29 550 ans. Dans cette strate, les chercheurs ont identifié les traces d’un campement actif sur une période courte, mais clairement circonscrite.
Au cœur de cette zone, 29 lames et lamelles reposaient groupées. Cette concentration d’outils en pierre intrigue immédiatement. Les archéologues évoquent un contenant périssable disparu depuis longtemps. L’étude, publiée dans le Journal of Paleolithic Archaeology, décrit un ensemble cohérent, rare à cette échelle.
Vingt-neuf pièces taillées révèlent un équipement polyvalent adapté à la survie en milieu glaciaire
L’analyse fonctionnelle montre une maîtrise technique avancée. Chaque éclat présente des traces d’usage distinctes. Certaines pièces servaient de projectiles emmanchés sur des sagaies. D’autres intervenaient dans la découpe ou le travail des matières animales.
Les micro-usures observées indiquent des activités variées. Les outils ont participé à la transformation de la viande, au grattage des peaux et au façonnage du bois. Cette polyvalence traduit une sélection réfléchie, pensée pour répondre aux exigences d’une mobilité constante.
Ainsi, cet ensemble compose une véritable trousse de survie paléolithique. Rien ne relève du symbolique. Chaque pièce répond à un besoin concret. Vous observez ici un équipement optimisé, calibré pour accompagner un déplacement, une chasse ou une halte brève.
Les circonstances de l’abandon interrogent entre fuite précipitée, cache volontaire ou simple accident
Reste une question centrale : pourquoi laisser un matériel aussi précieux ? Les chercheurs avancent plusieurs scénarios. Une fuite face à un danger aurait imposé un départ rapide. Un accident nocturne demeure possible, tout comme la perte involontaire du contenant.
Toutefois, l’hypothèse d’un dépôt intentionnel retient l’attention. Le regroupement soigné suggère une cache préparée pour un retour ultérieur. Le récipient, sans doute en cuir ou en écorce, s’est décomposé. Cette organisation témoigne d’une logistique déjà élaborée.
Ces outils gravettiens confirment l’existence de réseaux et d’innovations techniques à l’échelle européenne
Les pièces appartiennent à la culture gravettienne, active en Europe depuis environ 33 000 ans. Cette tradition se distingue par une grande finesse de taille. Elle reflète une adaptation poussée aux environnements froids du Paléolithique supérieur.
Les Gravettiens maîtrisaient la chasse au grand gibier, dont le mammouth. Ils utilisaient probablement arcs et propulseurs. Cette innovation cynégétique majeure a transformé l’efficacité des expéditions. Par ailleurs, les indices suggèrent des liens précoces avec les chiens.
Enfin, ces groupes entretenaient des réseaux à longue distance. Les échanges de matières premières et de savoir-faire structuraient un vaste espace européen. Cette trousse abandonnée ne raconte pas seulement une journée. Elle révèle une société mobile, connectée et techniquement avancée.
Par Eric Rafidiarimanana, le
Étiquettes: Culture gravettienne, paléolithique supérieur
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