Tous les objets de notre quotidien – même les plus insignifiants – ont une histoire, mais certains ont une histoire plus passionnante que d’autres. C’est le cas de la tronçonneuse. En effet, cette machine a une histoire qui est loin d’être ordinaire. 

Un outil qui servait à couper des os et non du bois

Une tronçonneuse est une scie à chaîne mécanique et portative qui fonctionne grâce à un moteur à essence, électrique ou à piles. Cet outil sert notamment à couper du bois avec un jeu de dents attaché à une chaîne rotative entraînée le long d’un guide-chaîne. Beaucoup plus efficace qu’une scie traditionnelle pour couper du bois, la tronçonneuse a ainsi eu un impact énorme sur les industries du bois et de la foresterie. Pourtant, à l’origine, la tronçonneuse n’était pas du tout destinée à cet effet.

En effet, la tronçonneuse était un outil chirurgical spécialement conçu pour l’accouchement. Il faut savoir qu’avant l’utilisation de la césarienne, tous les bébés devaient passer par le canal naturel de naissance. Mais il arrive que les bébés n’arrivent pas à sortir parce qu’ils ne sont pas dans la bonne position ou parce qu’ils sont trop gros. Dans ces cas-là, des parties d’os et de cartilages de la mère étaient retirées pour créer plus d’espace pour laisser passer le bébé. C’est ce qu’on appelle une symphysiotomie.

L’anesthésie n’existait pas à l’époque, et la douleur était atroce. Cette procédure était à l’origine effectuée à la main à l’aide d’un petit couteau et d’une scie. C’est là que deux médecins écossais, John Aitken et James Jeffray, entrent en jeu. Pour « faciliter » la symphysiotomie, ils ont créé à la fin du 18e siècle une sorte de scie flexible constituée d’une fine chaîne à maillons dentelés maintenue entre deux manches en bois. L’appareil s’est avéré être particulièrement efficace, et on l’a ainsi utilisé pour d’autres opérations de coupe osseuse et d’amputations.

Une patiente en convalescence après avoir subi une symphysiotomie (1907)

Beaucoup de chemin parcouru pour passer de l’os au bois

Au fil des ans, diverses modifications et améliorations ont été apportées à l’appareil créé par les médecins écossais, et dans les années 1830, l’orthopédiste allemand Bernhard Heine a créé l’ostéotome, un instrument médical qui se rapproche énormément de la tronçonneuse moderne. Cet instrument était notamment composé d’une chaîne à maillons avec de petites dents coupantes. La chaîne était déplacée autour d’une lame de guidage en tournant la poignée d’une roue dentée. Même s’il fonctionnait manuellement, l’instrument était très puissant.

Il faudra attendre plus d’un demi-siècle pour que cet appareil fasse son chemin jusqu’à la coupe de bois. Ce n’est en effet qu’au début du 19e siècle que les premiers brevets pour les « scies à chaîne sans fin » ont été accordés. L’un de ces brevets a notamment été accordé à Samuel Bens, un bûcheron originaire de San Francisco. Ce dernier avait créé son outil dans le but d’abattre des séquoias géants. Après lui, c’est le mécanicien de chantier canadien James Shand qui a mis au point la première tronçonneuse portative en 1918, et il s’agissait notamment de l’ancêtre de l’outil dans la forme que nous lui connaissons aujourd’hui.

Pour rester sur votre lancée, découvrez aussi ces 15 méthodes de torture médiévale aussi morbides que tordues.

© kallerna / Wikimedia Commons
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rustinette
2 mois

horrible, les pauvres femmes , quelle souffrance certainement insupportable ont -elles vécu , ah les inventions des hommes sont parfois vraiment insolite, là c’est un engin de torture pur et dur