De plus en plus de mammifères marins s’échouent en France sans que l’on ne sache pourquoi

Phénomène encore rare il y a quelques années, les échouages de mammifères marins sur les côtes sont de plus en plus fréquents. Depuis quelques temps, phoques et cétacés sont nombreux à venir dériver sur le sable dont ils ne peuvent que rarement s’échapper vivants. Un véritable problème pour les experts de la faune sauvage d’autant que les chiffres croissent de façon effrayante.

POURQUOI LES MAMMIFÈRES MARINS ÉCHOUENT-ILS SUR LES CÔTES ?

Cela fait maintenant plusieurs décennies que les échouages se multiplient sur les côtes françaises sans que l’on sache vraiment ce qui est à l’origine de ce phénomène. Si les carcasses peuvent parfois être analysées pour déterminer comment un animal est mort, elle ne permet pas de mettre en lumière une raison précise d’échouage. Les scientifiques se contentent pour l’heure d’émettre des hypothèses et plusieurs pistes sont envisagées.

L’évolution des techniques de pêche et les prises accidentelles liées à cette activité pourrait être l’une des principales raisons derrière l’augmentation des échouages. Jérôme Splitz, ingénieur de recherche à l’observatoire Pélagis rappelle que « 70 % de la mortalité des dauphins communs dans le golfe de Gascogne est liée à la capture accidentelle due à la pêche ». La pollution marine, même si aucun mammifère ne semble mort d’indigestion de déchets, peut aussi jouer un rôle. Enfin, la dernière raison évoquée est tout simplement la mort naturelle des animaux qui dérivent jusque sur nos plages.

QUELS SONT LES ANIMAUX VICTIMES DE CE FLÉAU ?

Treize espèces marines sont concernées par les échouages. Cependant, les plus touchées sont le dauphin commun et le marsouin commun. A elles deux, ces espèces représentent 78 % des échouages sur la façade Atlantique et dans la Manche. En Méditerranée en revanche, c’est le dauphin bleu et blanc qui est le plus retrouvé sur les plages avec 70 % des échouages concernant uniquement cette espèce.

Au-delà des marsouins et des dauphins, les phoques gris et les veaux marins sont eux aussi victimes d’échouages. Depuis les années 90, le nombre de phoques retrouvé sur les plages chaque année ne cesse de croître. En 2016, ce sont 271 phoques qui ont ainsi été découverts sur toutes les côtes de France (majoritairement de la frontière belge au Mont Saint-Michel).

UN PHÉNOMÈNE EN DANGEREUSE AUGMENTATION

2016 fut une année noire pour les mammifères marins. Sur l’ensemble des côtes, ce sont 1613 individus (cétacés et phoques confondus) qui ont été découverts morts ou vifs soit 4,4 animaux par jour. Un chiffre inquiétant et record depuis les premiers comptages réalisés en 1970 d’autant que ces chiffres augmentent chaque année. Les chiffres de 2015 et de 2016 sont au dessus des moyennes des 10 dernières années, où l’on observait en moyenne 820 cétacés échoués chaque année.

2017 risque d’ailleurs de ne pas échapper à la règle selon Vincent Ridoux, professeur de biologie à l’université de La Rochelle et directeur de l’Observatoire Pélagis. « Il est malheureusement quasi certain que nous allons battre ce record en 2017, car nous avons enregistré un événement considérable en février-mars : huit cent dauphins communs se sont échoués sur les côtes entre Arcachon et Les Sables-d’Olonne ». Les mammifères marins sont une nouvelle fois des victimes et à l’heure actuelle, rien ne semble pouvoir freiner ce fléau.


Une espèce animale ou végétale disparaît toutes les 20 minutes.

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