Entre surmenage et pression sociale, les femmes sont plus souvent amenées à abandonner leur travail que les hommes

generation-y-femmes-burnout-une-ok Une femme submergée par le travail via Shutterstock

Le burn-out est un phénomène de plus en plus répandu ces dernières années, d’autant plus chez les femmes. Certaines études ont donc tenté d’expliquer pourquoi elles étaient particulièrement touchées. SooCurious vous présente ces résultats.

De plus en plus de jeunes femmes de l’âge de 30 ans font ce qu’on appelle un burn-out, soit un phénomène d’épuisement professionnel. Ainsi, une étude menée par McKinsey, un cabinet de conseil des grandes entreprises, montre que les femmes représentent 53 % des emplois d’entrée de gamme, mais seulement 37 % des emplois de cadre intermédiaire. Et ce chiffre tombe même à 26 % pour les postes de vice-président et de cadre supérieur.

Femme-burnout-shutterstock Une femme en plein burn-out via Shutterstock

Les résultats du cabinet McKinsey indiquent une grande disparité entre les sexes à mesure que l’on monte dans la hiérarchie professionnelle. Et puisque seules 11 % des femmes choisissent de quitter définitivement leur poste pour avoir des enfants, l’autre raison de cet écart peut être attribuée aux attentes élevées que les entreprises mettent sur leurs employés dans des environnements de travail hyper-connectés.

Beaucoup de ces attentes élevées peuvent aussi être auto-imposées. Comme ce fut par exemple le cas de Jenny Blake. Lorsqu’elle a commencé sa carrière chez Google, cette jeune femme se portait très bien. Puis elle a commencé à brûler la chandelle par les deux bouts, travaillant à temps plein en tant que gestionnaire de programme de développement de carrière, tout en écrivant un livre pendant ses nuits et ses week-ends. « Je ne le savais pas à l’époque, mais je prenais la voie de l’épuisement. Mon rythme n’était pas durable et je ne l’ai découvert que lorsque j’ai craqué, quelques semaines avant que mon livre soit lancé », explique-t-elle.

Jenny Blake :

Jenny-Blake

Jenny Blake croit qu’une des raisons de ce burn-out fréquent chez les femmes de la génération Y est la façon dont leurs entreprises attendent qu’elles soient connectées. « Nous sommes dans une période sans précédent en termes d’organisation globale et hyper-connectée. Il faut une incroyable auto-discipline pour ne pas vérifier ses mails durant la nuit ou tôt le matin et toutes les entreprises (ou les managers) ne montrent pas l’exemple, ni même n’approuvent cette attitude », explique l’ancienne de Google.

Elle précise également que « le travail arrive chaque heure et il peut être difficile de créer des limites qui permettent le repos » et affirme que « pour les jeunes femmes en particulier, il peut être difficile de dire non, surtout lorsqu’il s’agit de postes compétitifs ou d’industries dans lesquelles elles perçoivent qu’elles peuvent être facilement remplacées ».

Femme-boulot-shutterstock Une femme travaille via Shutterstock

En étudiant les niveaux de surmenage des journalistes, une recherche de l’université du Kansas a constaté que les femmes s’épuisaient plus vite que les hommes. Les résultats indiquent ainsi que les femmes ont rapporté des niveaux plus élevés de surcharge et d’intention de quitter leur poste. L’auteur de l’étude indique qu’il a « examiné les chiffres à travers la théorie de la socialisation du genre, qui affirme que la société met certaines attentes sur les individus en fonction de leur sexe, et ce à partir d’un très jeune âge ».

L’auteur affirme ainsi que selon cette théorie, « là où les femmes sont plus souvent censées répondre aux besoins de la majorité de la famille et élever les enfants, les hommes sont censés être les gagne-pain du ménage et faire passer leurs obligations professionnelles avant leur famille. Cela a été étayé par les résultats [de l’étude], montrant que les femmes connaissent des taux significativement plus élevés de surcharge de rôles, ou ont le sentiment qu’elles sont incapables de remplir leurs tâches durant leur temps de travail. »

Femme-famille-shutterstock Une femme est épuisée par les tâches ménagères via Shutterstock

Au-delà des attentes élevées, de nombreux enfants de la génération Y craquent a environ 30 ans parce qu’ils sont malheureux dans leur emploi et n’aperçoivent pas un cheminement de carrière clair. Selon Melanie Shreffler, autrefois cadre supérieure au sein de l’entreprise Ypulse « Vous ne pouvez pas voir la fin du tunnel parce qu’il y a tellement de rebondissements. C’est impossible de savoir ce que sera sa vie dans 20 ans, et c’est même dur de se projeter deux heures dans le futur. Il ne savent pas pourquoi ils se battent, ce qui rend difficile le fait d’aller de l’avant. »

Ces recherches révèlent que la société, par la manière dont elle évolue, conditionne ses membres depuis l’enfance, et surtout les femmes, à exiger toujours davantage d’eux-mêmes. Cela indique ainsi qu’il s’agit essentiellement d’un problème de mentalité, induit par la modernité de nos modes de communication. Si le sujet de la place des femmes dans la société vous intéresse, découvrez les étapes qui leur ont permis de renverser la prépondérance masculine sur les études supérieures.


L’épinard n’est pas riche en fer. Désolé Popeye.

— @DailyGeekShow