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Des scientifiques détectent pour la première fois la lèpre chez des chimpanzés sauvages

Les scientifiques ne savent toujours pas pourquoi ces animaux ont attrapé cette maladie

© Nature

La lèpre est une maladie infectieuse chronique causée par le Mycobacterium leprae, une bactérie proche de l’agent responsable de la tuberculose. Les chercheurs pensaient pendant des années qu’elle touchait uniquement les humains. Cependant, ils ont découvert au cours des deux dernières décennies qu’elle peut également toucher les animaux. Des cas de lèpre ont récemment été confirmés parmi deux populations de chimpanzés sauvages.

Il s’agit d’une première

Des scientifiques ont détecté pour la première fois la lèpre chez des chimpanzés sauvages. Selon l’étude publiée dans la revue Nature, la maladie a été découverte chez des chimpanzés sauvages vivant en Côte d’Ivoire et en Guinée-Bissau. Si l’on savait déjà qu’elle pouvait contaminer des animaux comme le tatou à neuf bandes et l’écureuil roux, c’est la première fois qu’on l’observe sur des chimpanzés sauvages. « Il s’agit de la première confirmation de la lèpre chez des animaux non humains en Afrique », a déclaré le Dr Kimberley Hockings, l’auteure principale de l’étude.

Entre 2015 et 2019, un peu moins de 250 chimpanzés du parc national de Cantanhez en Guinée-Bissau présentaient des symptômes de la lèpre. « Ils présentaient une perte de poils et une hypopigmentation de la peau du visage, ainsi que des plaques et des nodules qui couvraient différentes parties de leur corps (membres, tronc et organes génitaux), une défiguration faciale et des mains (main en griffe) et des pieds ulcérés et déformés. »

Des symptômes similaires ont été observés sur une population de chimpanzés du parc national de Taï en Côte d’Ivoire. Les scientifiques ont notamment remarqué des lésions de type lèpre chez un mâle adulte baptisé Woodstock. En outre, ils ont également trouvé des traces de la maladie en effectuant l’autopsie d’une femelle plus âgée, ayant subi une attaque de léopard.

© Nature

Les chercheurs ne connaissent pas l’origine des contaminations

Les chercheurs n’ont pas pu déterminer l’origine des contaminations, étant donné que les chimpanzés concernés n’avaient aucun contact rapproché avec les humains. Les scientifiques du Center for Ecology and Conservation de l’université d’Exeter, en Angleterre, ont ainsi indiqué que la lèpre circule probablement chez plus d’animaux qu’on ne le soupçonnait auparavant.

Le Dr Hockings souligne que les chimpanzés occidentaux sont en danger critique d’extinction. « Une surveillance sanitaire et des recherches à long terme sont nécessaires pour déterminer l’ampleur et les effets possibles de la lèpre chez les chimpanzés sauvages de l’Ouest », a ajouté le Dr Wittig de l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutive.

© Nature

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