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On trouve parfois dans les bushes de Namibie des aires circulaires sans végétation qui donnent au paysage un côté étrange, mais fascinant. Connues sous le nom de « cercles de fées », les scientifiques ont longtemps cherché la cause de ce phénomène, et l’explication a de quoi surprendre.

D’étranges parcelles circulaires stériles entourées de légendes

Les cercles de fées sont des parcelles circulaires de terre stérile variant entre 2 et 15 mètres de diamètre. Ces cercles de fées sont souvent encerclés par un anneau de croissance d’herbe. Jusqu’en 2014, ce phénomène était connu pour se produire uniquement dans les prairies arides du désert du Namib, dans le sud-ouest de la Namibie. Cette année-là, les écologistes ont découvert des anneaux de végétation similaires en dehors de l’Afrique, notamment au Pilbara, en Australie-Occidentale.

Pendant longtemps, les scientifiques n’ont pas pu donner d’explication à ce phénomène. Selon les légendes namibiennes, les cercles de fées ont été créés par des dieux qui ont laissé leurs empreintes sur la terre rouge. Bien évidemment, la formation des cercles de fées a plus à voir avec les mathématiques et la biologie qu’avec le folklore, même en trouver l’explication scientifique a pris beaucoup de temps. En effet, au fil des ans, de nombreuses théories ont été émises pour expliquer les origines des cercles de fées.

Mais aucune de ces théories n’a été en mesure de donner une réponse précise. La première hypothèse étant que ces formations sont l’œuvre de termites, rongeant l’herbe depuis les racines. La seconde a été attribuée à des herbes indigènes qui, dans l’un des environnements les plus inhospitaliers de la planète, auraient atteint des niveaux d’auto-organisation très raffinés. Des études ont donné du crédit à chacune des deux théories ; ce qui signifie que jusqu’à présent, on ignore laquelle est la bonne.

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Des cercles qui tuent des herbes pour assurer la survie d’autres herbes

Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Perspectives in Plant Ecology, Evolution and Systematics, c’est la seconde théorie qui est la bonne. La recherche explique notamment que ce sont des plantes indigènes qui forment les cercles de fées pour tirer le meilleur parti des faibles précipitations, mais sans nécessairement exclure les termites. Pour aboutir à cette conclusion, les chercheurs ont prélevé des échantillons de sol et d’herbes dans le désert du Namib après chaque pluie, et ce, pendant une durée de deux ans.

Ils ont constaté que de l’herbe commençait à pousser dans les cercles de fées après chaque pluie, même si elle finissait par mourir très rapidement. En revanche, les herbes autour des cercles restaient saines. Ils ont également constaté que les herbes ayant poussé dans les cercles ne présentaient aucune trace de termite après leur mort, et cela élimine donc la théorie des termites. Et puisque ce ne sont pas les termites, ce sont forcément les herbes elles-mêmes. Il faut savoir que lorsqu’il fait très chaud, les herbes aussi transpirent et perdent de l’eau.

Pour compenser cette perte d’eau, elles peuvent créer des vides d’humidité du sol autour de leurs racines afin que l’eau soit attirée vers elles. Autrement dit, les cercles de fées sont des réservoirs d’eau créés par les plantes pour survivre à la sècheresse. « En formant des paysages fortement modelés de cercles de fées régulièrement espacés, les graminées agissent comme des ingénieurs de l’écosystème et bénéficient directement de la ressource en eau fournie par les trouées de végétation », a expliqué le Dr Stephan Getzin, auteur principal de l’étude.

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