Anne Hidalgo, la maire PS de Paris, a annoncé mardi après-midi qu’elle souhaitait, en cas de réélection en mars, créer le Vélopolitain. Pour cela, elle prévoit de faire disparaître près de la moitié des places de stationnement en surface, soit 60 000 places. Son objectif : faire un Paris 100 % cyclable.

Poursuivre la transformation de Paris

Anne Hidalgo avait annoncé, début janvier, sa candidature pour un deuxième mandat en tant que maire de Paris. Elle souhaite poursuivre la transformation de la Ville Lumière pour faire face à l’urgence climatique. En effet, elle a déjà créé plus de 300 km de pistes cyclables durant ces six dernières années. Son objectif pour les années à venir : “100 % des rues de Paris cyclables d’ici 2024”. Pour cela, elle prévoit d’y allouer un budget de 350 millions d’euros entre 2020 et 2026.  

La maire promet une révolution pour les cyclistes. Elle reprend notamment dans son programme le projet Vélopolitain porté par les associations Paris en Selle et Mieux se déplacer à bicyclette (MDB), dans l’optique de créer un réseau de 15 pistes cyclables formant un tout de 170 km qui doublent en surface les lignes du métro. Les ponts et portes de Paris seraient équipés de pistes protégées et « sur les grands axes où circulent beaucoup de voitures comme la rue de Vaugirard, il y aura des pistes bidirectionnelles sécurisées« , déclare-t-elle dans un article du Parisien.

— Delpixel/ Shutterstock.com

Renforcer la sécurité des cyclistes et encourager la transition écologique

Pour motiver les Parisiens à prendre leur vélo, Anne Hidalgo s’engage à garantir leur sécurité. Pour cela, elle prévoit d’élaborer “un nouveau plan de circulation donnant la priorité aux transports collectifs, aux mobilités actives dont le vélo, et aux véhicules professionnels”, de “renforcer la vidéoverbalisation pour protéger les pistes cyclables” et de “renforcer les brigades cyclistes de la police municipale”. La sécurité passe également par le stationnement, c’est pourquoi elle prévoit la création de 100 000 places de stationnement pour les vélos et d’un “Pass Vélo multiparcs pour accéder aux 100 parkings souterrains de la Ville”.

Elle souhaite également rendre ce mode de transport accessible à tous et à toutes, en étendant l’aide à l’achat de la Ville aux vélos mécaniques, qui ne concerne aujourd’hui que les vélos à assistance électrique, en créant un service municipal de location moyenne et longue durée pour tous les publics comme à Grenoble et Nantes, et en multipliant “les ateliers d’auto-réparation et mettre en place des bourses aux vélos toute l’année”.

Un projet qui s’annonce compliqué

Pour réaliser ce projet, Anne Hidalgo a besoin de 60 hectares supplémentaires qu’elle compte obtenir en supprimant 60 000 places de stationnement individuel sur les 133 000 qui existent actuellement. Les places de livraison et celles réservées aux personnes handicapées seront maintenues mais les autres automobilistes devront se rabattre sur 500 000 places en sous-sol que compte la ville. Une proposition qui tombe à point nommé puisque la maire aimerait une accélération de ce plan pour 2024, avec les Jeux olympiques et paralympiques.

Cette annonce soulève quelques critiques. En effet, selon l’association Paris en Selle, Anne Hidalgo n’a réalisé son plan vélo 2014-2020 qu’à hauteur de 56 %. La capitale compte actuellement 1018 km d’aménagements cyclables alors que la mairie s’était engagée sur le chiffre de 1400 km. L’association souligne néanmoins la qualité des réalisations et les « progrès fulgurants » qui « se traduisent par des hausses vertigineuses de fréquentation des aménagements cyclables« .

Anne Hidalgo explique avoir privilégié la qualité et la sécurité des installations plutôt que de faire de simples marquages au sol. Par ailleurs, les négociations avec la préfecture de police de Paris auraient été difficiles, allant jusqu’à négocier mètre par mètre certaines portions de la piste rue de Rivoli.

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