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Vous l’ignoriez sûrement mais votre ADN n’est pas à 100 % humain : d’anciens virus s’y cachent

virus-adn-science-1 Un brin d'ADN modifié via Shutterstock

Plusieurs études ont déjà démontré que l’ADN humain contenait une étrange part qui viendrait en réalité de l’ADN de virus. Mais des travaux plus récents indiquent que cette proportion est plus élevée qu’on ne le pensait et même, que l’ADN de certains individus contiendrait celui de virus entiers. SooCurious vous en dit plus sur ces découvertes.

Des rétrovirus de toutes sortes disposent d’un code génétique sous la forme d’ARN, ou acide ribonucléique, souvent considéré comme le précurseur primitif de l’ADN. Ces virus infectent les cellules hôtes par l’insertion d’une réplique à base d’ADN de leur propre ARN dans le génome d’un individu. Ainsi, le VIH est un parfait exemple de rétrovirus contemporains qui infectent les humains de cette manière.

VIH-shutterstock Du sang infecté par le VIH via Shutterstock

D’autres rétrovirus ont infecté nos ancêtres pendant des centaines de milliers d’années. Si bien que désormais, des fragments de cet ADN de virus, connus sous le nom de rétrovirus endogènes humains (ou HERV, d’après le sigle anglophone), sont restés dans les génomes de nos ancêtres qui ont ensuite été copiés et transmis de génération en génération.

Les estimations précédentes établissaient que notre propre ADN était composé d’au moins 8 % d’HERV. Mais les auteurs de cette étude étaient à la recherche de nouveaux rétrovirus endogènes humains et ont observé le génome de 2500 personnes de par le monde, le comparant à une référence type, une séquence génétique numérisée et assemblée par les scientifiques pour être un échantillon représentatif du génome de notre espèce.

ADN-shutterstock De l’ADN via Shutterstock

Durant l’étude, les chercheurs ont décelé 19 nouveaux HERV, s’ajoutant aux 17 déjà identifiés par des travaux préalables. Et l’un de ces nouveaux HERV, trouvé chez 50 sujets de l’étude, était plus qu’un simple fragment de génome viral, puisqu’il constituait l’ensemble du génome lui-même. Cela en fait donc un « provirus » et il s’agit seulement du deuxième cas référencé chez l’Homme.

Bien que cela n’ait pas encore été prouvé, ce provirus serait capable de se répliquer et de se comporter comme un virus actif, à la différence des HERV fragmentés, et donc incomplets. C’est d’ailleurs ce qu’explique John Coffin, virologue à l’école de médecine de l’université Tufts, près de la ville américaine de Boston, et qui a travaillé sur l’étude : « [Ce HERV] semble capable de fabriquer un virus infectieux, ce qui serait très excitant si cela se vérifiait, puisque cela nous permettrait d’étudier une épidémie virale qui aurait eu lieu il y a longtemps. »

 

John Coffin 

John-Coffin

Certains HERV ont été adoptés par le corps humain pour servir à des fins utiles. Ainsi, l’un d’eux vise à faciliter la grossesse en contribuant à la construction d’une couche cellulaire protectrice autour du foetus afin de bloquer les toxines du sang de la mère en les filtrant. Dès lors, sachant qu’ils font partie intégrante de notre constitution biologique, la chasse aux HERV est essentielle à la recherche médicale. Et cette étude vient d’en ajouter un autre à la liste.

Foetus

Les travaux sur les HERV sont incroyables car ils lèvent un peu plus le voile sur la génétique humaine et sur ses mystères. Surtout, ils pourraient permettre d’étudier certains rétrovirus, et donc possiblement, d’en guérir. Si ce type de sujets sur la science et la biologie humaine vous intéresse, découvrez pourquoi certaines personnes ont les yeux bleus.