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9 vérités sur les drones qui vont peut-être changer la perception que vous avez d’eux

une-drone-idees-recues Les idées reçues sur les drones via Shutterstock

Ils sont de plus en plus nombreux à s’élever dans les airs. Les drones, sorte de robots volants, ne cessent de faire parler d’eux à travers le monde. Dans un but artistique ou parfois militaire, leur utilité est multiple. Malgré ce développement d’envergure, les drones demeurent parfois bien mystérieux et mal compris. SooCurious vous invite à découvrir 9 vérités à propos des drones que vous ne connaissez peut-être pas.

 

1) L’appellation « drone » n’est pas tout à fait exacte

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Selon Vijay Kumar, professeur d’ingénierie à l’université de Pennsylvanie, la qualification de « drone » attribuée à ces robots volants n’est pas correcte. « La seule chose qui fait d’eux des drones est qu’ils font un bruit de ronflement continu », explique Kumar. « Si j’étais un pilote des forces aériennes et que je contrôlais un robot téléguidé (considéré comme un drone) que vous appelez « drone », je me sentirais insulté », ajoute Kumar. « Je ne crois pas que le travail d’un pilote de ce genre d’engin peut être assimilé à celui qui serait effectué sur un vrai drone. » Les pilotes contrôlent des véhicules téléguidés. En ce sens, Kumar préfère les termes UAV (Unmanned Aerial Vehicle) qui signifie « véhicule aérien sans pilote » ou encore le terme « système de véhicule aérien sans pilote ».

De la même manière, Kumar explique qu’appeler « quadcopter » un robot avec quatre rotors est faux. Quad se référant à « quatre », et copter étant l’abréviation d’hélicoptère, Kumar affirme que « quadcopter » signifierait « quatre hélicoptères », ce qui est incorrect selon lui. Il s’agirait davantage d’hélicoptère quadrirotor.

 

2) Le plus grand danger des drones n’est pas la violation de la vie privée

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Kumar admet que beaucoup de gens s’inquiètent des drones équipés de caméras. Néanmoins, il ajoute que la législation ne s’occupe pas vraiment du fonctionnement des véhicules téléguidés. En France, il est interdit de survoler une zone urbaine, une plage, un parc, etc. avec un drone. Par ailleurs, tout drone doit voler à une hauteur inférieure à 150 m. Votre voisin effrayant qui regarde par-dessus la clôture et qui pourrait vous prendre en photo est une menace beaucoup plus réaliste pour Kumar.

Mary Cummings, professeur agrégée au Département de génie mécanique et des sciences des matériaux à l’université Duke, pousse l’argumentation un peu plus loin. « Il est difficile de donner un sens à ce qu’une personne contrôlant un drone depuis le sol voit à travers la caméra du drone. C’est comme regarder à travers une paille. De plus, l’armée dispose déjà de ressources suffisantes pour établir un travail de surveillance de sorte qu’il n’y pas à se soucier des drones personnels de certains voyeurs. »

De son côté, Brendan Schulman, avocat spécialisé dans les lois entourant les véhicules aériens sans pilote, aborde la question de la législation. « Les gens ne semblent pas se rendre compte que les lois existantes relatives à la protection de la vie privée appliquent déjà des règles qui répondent aux préoccupations des gens. Il n’y a donc pas besoin de nouvelles lois spécifiques aux drones. » Evidemment, il faut tout de même faire preuve d’une certaine méfiance dans certains cas. Les drones peuvent parfois se retrouver dans les mains d’une personne malintentionnée. « Tous les drones peuvent être piratés par un étudiant en moins d’une heure », déclare Kumar.

 

3) Les drones ne sont pas tous des machines à tuer

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Utilisés dans les zones de conflits notamment au Moyen-Orient au cours de la dernière décennie, les drones ont rapidement souffert d’une mauvaise réputation. « Les drones ne sont que les plates-formes de lancement. Il n’y a aucun doute sur le fait que les drones causent beaucoup moins de dommages que si on utilisait des aéronefs pilotés. Les gens blâment la technologie alors que dans ce cas, c’est davantage la politique qui est coupable », explique Mary Cummings.

 

4) Les drones ne représentent pas un danger pour les avions

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Selon Schulman, plusieurs pilotes auraient repéré des modèles réduits d’avion pendant leurs vols au cours des dernières années. Depuis l’année dernière, la FAA (Federal Aviation Administration) a demandé aux pilotes de signaler toutes les observations qui pourraient être relatives à des drones. Sur 190 observations, beaucoup de médias américains auraient, selon Schulman, décrit des incidents « évités de justesse ».

Schulman explique que, parmi ces observations, beaucoup ont été faites depuis le sol et ne présentaient donc aucun risque. Dans certains cas, les pilotes n’étaient même pas sûrs que ce qu’ils avaient vu était un drone. De plus, il est peu probable qu’un drone puisse atteindre des milliers de mètres d’altitude et, quand bien même ils en seraient capables, les nouveaux modèles qui utilisent une technologie GPS seraient programmés pour éviter de voler au-dessus des aéroports.

 

5) Les drones ne sont pas toujours audibles

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Alors que le nom « drone » connote avec le bruit d’un bourdonnement d’insecte constant, le bruit n’est pas un caractère que vous pouvez attribuer à tous les robots volants. Pour Todd Humphreys, professeur adjoint de génie aérospatial à l’université du Texas à Austin, « si les drones sont bruyants, ils peuvent être totalement silencieux lorsqu’il s’agit d’appareils à voilure fixe. Ce point est embêtant pour tous ceux qui, comme les services secrets de la Maison-Blanche, cherchent à détecter les drones par leur signature acoustique ».

Plus encore, réduire le niveau sonore des drones constituerait l’un des principaux objectifs au cours des prochaines années. Au Royaume-Uni, une entreprise utilise déjà un drone minuscule à six moteurs électriques pour surveiller un oiseau en voie d’extinction. La société affirme que les bruits ambiants tels que le vent étouffent le son du robot, de sorte qu’il parvient plus facilement à se faufiler au milieu des animaux.

 

6) Les drones n’ont pas nécessairement besoin d’être pilotés par un humain

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Beaucoup d’histoires inquiétantes racontent la détection de drones dans des lieux sensibles tels que les lieux touristiques ou près des zones au sein desquelles se trouvent des centrales nucléaires. Certaines de ces histoires ont d’ailleurs récemment eu lieu en France. Reste à savoir qui pilotait le drone. Problème : un drone n’est pas forcément piloté par un humain. Il peut être capable de détecter une cible de manière autonome et de suivre le mouvement de cette cible sans intervention d’un pilote. Ces capacités d’autonomie sont déjà observables dans des prototypes de drones commerciaux. Certains d’entre eux sont conçus pour suivre automatiquement des abeilles, des oiseaux ou autres animaux qui volent en formation.

 

7) Les drones ne sont pas des jouets

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La plupart des drones ne peuvent être considérés comme des jouets. Ce sont des robots à part entière et doivent être considérés comme tels. Hugh Liu, professeur à l’Institut de l’université de Toronto pour les études aérospatiales, affirme que les drones « ne sont pas seulement des véhicules ». Il ajoute : « Un drone a un système intégré rempli de capteurs, d’actionneurs de vol, et plus encore. » Comme Kumar, Liu préfère le terme UAS (système de véhicule sans pilote) qui caractérise mieux, selon lui, les perspectives de vues que peut offrir la caméra d’un drone.

 

8) Le brouillage des signaux n’est pas un danger en soi

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Todd Humphreys évoque un autre mythe selon lequel les drones peuvent tomber du ciel lorsque leurs signaux de communication se brouillent. En réalité, presque tous les drones sont guidés par GPS et sont équipés d’un dispositif de sécurité appelé « protocole de liaison perdue ». Ce protocole permet au drone de se guider automatiquement jusqu’à un emplacement prédésigné comme « sécuritaire ».

« Les drones peuvent aussi être configurés pour ignorer les communications du sol pendant le vol », ajoute Humphreys. Grâce à ce mode, personne, pas même un utilisateur légitime, ne peut dissuader le drone d’effectuer sa mission.

 

9) Les drones n’assureront pas la livraison de votre courrier ou de votre pizza avant longtemps

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Les drones de livraison via Shutterstock

Beaucoup de personnes pensent que les drones finiront par faire le tour des quartiers, près de chez eux. Pourtant, nous sommes encore bien loin de ce monde. A en croire Mary Cummings, les drones de livraison ne peuvent pas aller très loin et il supporteraient mal le mauvais temps. Il est plus probable que les drones soient utilisés pour des missions de recherche ou de sauvetage. D’ailleurs, certains drones ont déjà sauvé des randonneurs perdus. En outre, il est prévu que les drones servent à fournir des fournitures médicales dans des zones difficiles à atteindre, mais cela devrait encore prendre un peu de temps : « Nous avons besoin de poursuivre notre travail pour développer ces engins pour qu’ils soient robustes face aux conditions météorologiques et d’assurer le contrôle de la circulation de l’air », admet Cummings.

Ces idées reçues relatées par les chercheurs sont surprenantes. Selon eux, les drones ne représenteraient pas de réels dangers pour la vie privée, d’autant que la législation va déjà dans le sens d’un contrôle strict de l’utilisation de ces robots volants. Pour autant, tous les drones ne sont pas toujours détectés et certains semblent avoir été envoyés pour des pratiques douteuses, notamment lorsqu’ils sont repérés dans des zones sensibles. Pensez-vous que le développement des drones soit une bonne chose ou estimez-vous qu’ils constituent un danger certain pour l’homme ?