12 949 personnes connectées

Upside Down : nous avons rencontré le réalisateur du film qui vous retournera la tête

upside-down-nous-avons-rencontre-le-realisateur-du-film-qui-vous-retournera-la-teteUNE

Nous avons eu la chance il y a quelques semaines de voir le film et de rencontrer son réalisateur Juan Solanas afin de découvrir plus en profondeur son œuvre, petite critique et interview à suivre…

Tout d’abord, commençons par vous présenter le film :

Upside Down raconte l’histoire d’un homme et d’une femme vivant chacun dans un monde différent, tout proches mais aux gravités opposés. Un amour impossible, mais pourtant Adam, joué par Jim Sturgess, fera tout pour retrouver Eden (Kirsten Dunst). Les deux tourtereaux se sont rencontrés dans leur jeunesse en haut de la montagne de la sagesse où les deux mondes se touchent presque, mais la police de chaque côté interviendra pour mettre fin à cette relation et Eden deviendra amnésique… Dix ans s’écoulent avant qu’Adam ne voit à la télévision Eden et cherche à tout prix à la revoir…

 

Dans ce film, tout tourne autour des deux mondes, le monde du bas, qui est pauvre et qui vend son pétrole au monde du haut qui en tire de l’électricité et le revend à prix fort au monde du bas. Pour lier ces deux mondes et les échanges, on retrouve la société « Transworld » qui au final dicte sa loi aux deux mondes… Il s’agit d’une métaphore géopolitique et on retrouve des thèmes comme l’esclavage, l’apartheid, le capitalisme sans pour autant que cela soit appuyé dans le film puisque nous restons tout de même dans un conte de fée. Timothy Spall qui interprète Bob Boruchowicz nous dit d’ailleurs à propos du film : « ce n’est pas simplement une histoire sur l’amour qui doit triompher des obstacles, c’est aussi une parabole, un conte moral, une métaphore de notre monde où une partie de la planète se nourrit de l’autre, avec des conséquences qui pèsent sur nous tous ».

Quand on regarde le film, on a été bluffé par cette double gravité et se dire que cela a été très complexe pour le tournage ! Deux décors parfois, un tournage différé, une fusion des deux caméras sur l’écran de contrôle pour toujours être au point et quand les gens des deux mondes se parlent, il fallait ruser avec des téléprompteurs pour que les comédiens puissent être raccord dans leurs regards, une technique inventée spécialement pour !

Bref nous nous emportons un peu, mais le film nous a tellement plu, l’histoire bien que classique est efficace, et surtout ce qui nous a vraiment intéressé, c’est ce monde inédit

 

Entrevue avec Juan Solanas

Nous avons voulu voir au fond des choses et des questions venaient et heureusement nous avons pu les poser au réalisateur Juan Solanas, très accessible et un grand passionné pour sûr ! Voici quelques questions que nous avons pu lui poser :

 Est-ce que cette double gravité vous a joué des tours et vous avez donc du rejouer des scènes par exemple ?

Juan Solanas : Alors oui c’est un vrai casse-tête chinois, la loi du champ contre champ ne marche plus, on se bat avec des regards parallèles, on a inventé une technologie pour que les deux acteurs puissent jouer en même temps et avec l’écran de contrôle en direct, nous n’avions pas de doutes possible, mais c’était très compliqué quand même ! Puis il fallait gérer pour savoir si on le filmait dans sa gravité ou si on le filmait à travers le regard de l’autre personne, mais au montage tout s’est bien passé, ouf.

 

Votre univers est très visuel, pourquoi ne pas l’avoir tourné en 3D ?

Juan Solanas : On a fait le film avec une technologie qui n’existait pas, donc on était déjà la limite de tout avec l’argent qu’on avait… Rajouter avec ça la limitation très lourde de filmer en 3D, on a filmé en anamorphique car on ne voulait pas se retrouver avec une sorte de Star Wars sans âme… Je me suis quand mater tout ce qui sortait en 3D, avec de la vraie 3D et sans, franchement je ne sais pas si vous savez mais en 3D vous perdez beaucoup de contraste, de couleurs etc… c’est un massacre total pour gagner de la profondeur. Personnellement, je n’ai jamais été convaincu du gain de la 3D par rapport au malus qu’elle apporte sur l’image.

 

Ca vous fait rire si vous voyez des gens dans la salle qui tourne la tête ?

Juan Solanas : (Aha) C’est sûr c’est nouveau, donc le cerveau va travailler un peu plus, on est pas habitué à voir comme ça et donc on ne peut pas tout voir dans le film et se perdre dans l’image, le film a plein de portes qui sont à prendre ou non mais pas obligatoire 😉

 

Est-ce que vous avez pris des conseils auprès de scientifiques ?

Juan Solanas : Ah non pas du tout ! Pas du tout, ça ne serait pas réaliste du tout ! Au début je voulais être astrophysicien donc je m’y connais un peu, mais surtout pas réaliste, c’est un conte donc est-ce qu’Alice au pays des merveilles est vraisemblablement scientifique ? C’est fait exprès et si la personne pense le contraire c’est qu’il n’a pas compris le film. On est dans un conte pas dans un SF hard, tout est ridicule dans ces SF. J’ai posé mes trois petites règles à la con pour poser le sujet mais c’est tout, rien n’existe, c’est une convention juste. On prend Superman, il vole, bah tant mieux pour lui, il est super costaud, mais quand on le touche sa peau elle plie, mais une balle elle ne peut pas rentrer ! Donc si on rentre dedans c’est complétement naze donc je suis resté à l’extérieur.

 

D’où vient votre inspiration ?

Juan Solanas : Alors tous mes films viennent d’une image, dans « L’homme sans tête », j’étais au gymnase en train de faire mes pectoraux et tout d’un coup j’ai vu devant moi un homme sans tête assis, je me suis arrêté et en regardant cette image, l’histoire est venue. Et pour Upside Down, j’ai vu ces deux montagnes l’une au dessus de l’autre et un homme et une femme qui se regardent, et à partir de là il y a la double gravité et puis après j’ai des envies dans l’histoire car j’aurai pu faire une fin du monde ou une guerre.

 

Vous laissez beaucoup de place à l’improvisation ?

Juan Solanas : Non non non, j’impose l’improvisation ! Souvent, je vais dire quelque chose à l’oreille d’un des acteurs et il va se passer quelque chose de différent : « acting is reacting ». Sur un de mes films (Nordeste), je n’ai pas donné les dialogues aux acteurs, je leur disais dans l’oreille ce qu’ils devaient obtenir de l’autre, mais si on regarde le scénario c’est 95% de ce que je voulais. L’impro est très intéressante et ça permet à l’acteur de mieux se développer.

 

Comment vous avez tourné la scène avec le verre retourné ? Ca nous a tous perturbé !

Juan Solanas : Alors cette scène là concrètement, elle est tout bête, elle avait le verre à l’envers, à l’intérieur il y avait un gel (qui ne bouge pas) et qui est translucide afin de prendre la lumière et qu’une fois en post-prod on puisse avoir une bonne référence au niveau de la lumière car c’est tout super compliqué de partir de zéro. On va garder le même climat que la scène. Après avec Kirsten, on a quand même essayé et on s’en est foutu partout pour chopper le bon mouvement.

 

 

Une belle rencontre avec le réalisateur très intéressante ! Suite à cette table ronde, il y a eu une master class à la Gaité Lyrique que vous pouvez retrouver sur Dailymotion afin d’en savoir un peu plus sur le film. Upside Down sortira le 1er mai et nous conseillons d’aller le voir 😉 Encore une histoire d’amour, mais est-ce que cet univers vous plait ? La bande annonce vous donne t-elle envie ?

Ces articles vont vous plaire

— @DailyGeekShow

Le basenji est le seul chien au monde qui n’aboie pas