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Ces personnes transfèrent leur esprit dans des fichiers informatiques dans l’espoir d’atteindre l’immortalité

Transhumanisme-une Un homme apparait digitalisé via Shutterstock

La mortalité est le propre de l’Homme, bien que celui-ci tente par tous les moyens de la repousser, notamment grâce à la médecine. Mais un groupe de transhumanistes, nommé Terasem, est bien décidé à dépasser les limites de l’esprit dans le seul but de le faire perdurer après la mort. SooCurious vous présente cette communauté aux idées futuristes et atypiques.

Le transhumanisme peut se présenter comme un mouvement culturel et intellectuel international qui vise à repousser les limites humaines, qu’elles soient physiques ou mentales. Parmi ces frontières, la mort, irrémédiable et inconditionnelle. Enfin, théoriquement. Car depuis quelques dizaines d’années, un grand nombre de transhumanistes se refusent à une telle fatalité et exploitent certaines techniques encore futuristes, comme la cryogénisation, ou plus récemment, le transfert d’esprit.

 

Martine Rothblatt (à gauche), fondatrice de Terasem :

Martine-Rothblatt

Terasem est l’une des plus grandes communautés transhumanistes du monde. Fondé par la multimillionnaire transgenre et entrepreneuse technologique Martine Rothblatt, le groupe est basé en Floride centrale et se trouve dans un bâtiment en apparence normal, mais qui ressemble étrangement à un ashram (un ermitage retiré dans la nature) de l’intérieur. Surtout, l’objectif principal de Terasem est de repousser la mort, coûte que coûte.

Selon Gabriel Rothblatt, fils de Martine Rothblatt et pasteur de Terasem, « l’objectif final [de la communauté] est le même que celui d’autres religions qui prônent l’idée d’une immortalité heureuse dans l’au-delà ». Mais il précise aussi que pour eux « il ne s’agit pas seulement d’un concept spirituel, mais d’un défi mécanique ». En clair, Terasem estime que « la technologie pourrait un jour faire de cela une réalité à travers des sauvegardes digitales – l’idée de transférer la conscience d’une personne sur un disque dur qui pourrait lui-même être placé dans des conditions quasi utopiques. Le paradis pourrait donc être un monde de réalité virtuelle hébergé sur le serveur d’un ordinateur quelque part ».

 

Gabriel Rothblatt, pasteur de Terasem :

Gabriel-Rothblatt

Un des principes élémentaires de Terasem est sa croyance dans l’esprit-fichier, soit la compilation digitale d’une personne. Ainsi, les membres de la communauté téléchargent les détails de leur vie quotidienne et leurs pensées dans l’espoir de se récréer eux-mêmes, ou au moins de laisser un héritage au futur monde digital. Quelques centaines de personnes ont donc téléchargé leur esprit pour que leurs informations soient conservées en sécurité dans des serveurs à Terasem, et sauvegardées ailleurs dans le monde.

Et si l’idée même d’un esprit digital apparait aujourd’hui utopique, elle pourrait ne plus le rester très longtemps, comme l’explique Anthony Cuthbertson, journaliste à l’International Business Times UK : « Les mindfiles (les esprits-fichiers), qui comprennent des profils de la personnalité, des informations biographiques et des souvenirs sous la forme de photos et d’autres médias, ne sont pour l’instant qu’un album numérique. Mais il est espéré que les avancées dans l’intelligence artificielle puissent un jour transformer ces esprits-fichiers en ce qu’on pourrait considérer comme une conscience humaine. En effet, l’un des préceptes de Terasem est que les personnes-logicielles (la numérisation d’un individu, ndlr) sont aussi des personnes. »

 

Un avatar dans Second Life, jeu à réalité virtuelle dans lequel est présente la communauté Terasem :

Terasem-1

Terasem va même plus loin dans sa quête d’immortalité, puisque sa propriété en Floride est équipée de grandes antennes qui servent à projeter les fichiers contenant les esprits humains dans l’espace. L’objectif ici est alors de faire perdurer ces esprits dans le cosmos, et même d’avoir une chance qu’ils soient récupérés par d’autres formes de vie éventuelles.

Enfin, autre intérêt avancé par Terasem à la sauvegarde d’esprits-fichiers, ceux-ci pourraient avoir une utilité pratique dans l’utilisation d’une autre technique transhumaniste : la cryogénisation. Utilisée par beaucoup de membres de Terasem, elle est cependant encore bien incertaine, voire dangereuse, et peut endommager certaines parties du cerveau, ou même la mémoire. Des fichiers contenant l’esprit d’un individu cryogénisé permettrait alors de déterminer qui étaient ces personnes autrefois.

 

Le logo de Terasem :

Terasem-2

Certaines entreprises proposent également un concept plus ou moins similaire à l’esprit-fichier. Eternime et ETER9 ont ainsi vocation à conserver les données d’individus afin de recréer des intelligences artificielles à leur image. Celles-ci postent alors à la place des défunts sur les réseaux sociaux, de manière, en quelque sorte, à faire perdurer leur souvenir, voire leur esprit.

 

Un voyage au coeur de Terasem :

Le concept d’esprit-fichier, comme bien d’autres idées transhumanistes, est réellement effrayant. Mais il pose surtout la question technologique, scientifique, médicale et philosophique de la nécessité et de la possibilité d’étendre la vie humaine au-delà de sa mortalité. Si le transhumanisme vous intéresse, vous pouvez également en apprendre plus sur la cryogénisation. Aimeriez-vous vivre pour toujours ou préférez-vous notre condition de simples mortels ?

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— @Alex_Dobro

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