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Ces fans ont élaboré une théorie qui vous fera regarder Mon voisin Totoro d’un oeil totalement différent

Mon voisin Totoro est sans doute le plus emblématique des films du Studio Ghibli, et un classique qui ravit petits et grands. Cependant, selon certaines personnes, le film serait beaucoup plus sombre qu’il n’en a l’air… Et d’après cette interprétation, la fin du long-métrage serait particulièrement dure. Si vous n’avez pas peur de connaître cette version de la vérité sur l’esprit pelucheux du grand arbre, on vous dit tout.

 

Lorsque Hayao Miyazaki commença à développer le projet de Mon voisin Totoro, il put produire le film dans le cadre du financement accordé à son associé Isao Takahata pour adapter Le Tombeau des lucioles en long-métrage, et les deux films sont sortis conjointement au cinéma : après avoir vu le magnifique et déchirant Tombeau des lucioles, le public, jeune ou moins jeune, pouvait retrouver le sourire avec Mon voisin Totoro, plus léger. Dans ce film, on suit l’arrivée à la campagne de deux soeurs, Satsuki et Mei, et leur découverte d’un étrange esprit aux allures de peluche habitant l’arbre à côté de leur maison, le Totoro du titre. [Spoiler] À la fin du film, Mei disparait brièvement et Totoro vient en aide à Satsuki pour la retrouver, et tout est bien qui finit bien ! Du moins seulement en apparence selon certains…

 

Totoro-théorie

 

En effet, d’après certains fans, Totoro serait un esprit psychopompe, une entité qui accompagne les âmes des défunts dans la mort… Mei aurait donc bel et bien disparu, et Satsuki serait morte à son tour : après avoir nié que la sandale retrouvée sur le lac était celle de Mei, Satsuki serait partie retrouver Totoro, une métaphore de son suicide en somme. Lorsque la mère hospitalisée des deux enfants croit les voir par la fenêtre par la suite, c’est parce qu’elle est elle-même sur le point de mourir. Bon, si l’on fait abstraction de la scène du générique où Mei et Satsuki retrouvent la grand-mère qui les gardait (et qui fait que la théorie du Totoro psychopompe prend l’eau), où est-ce que certains ont pu trouver de quoi les guider vers cette interprétation ?

 

Certains mentionnent le fait que Mei et Satsuki n’ont pas d’ombres dans la dernière scène où elles apparaissent (ce qui, comme le rappellent les animateurs du Studio Ghibli, ne se justifie pas, puisque la scène a lieu à la tombée de la nuit). Tout cela cadrerait trop bien avec cet esprit qui n’apparait qu’à deux petites filles, et avec lequel elles partagent enfin de réelles aventures une fois qu’elles ont disparu aux yeux de tous. Enfin ce schéma, qui tient toujours de la pure extrapolation, rappelle un fait divers ayant réellement eu lieu dans la région où est censé se passer le film, les collines de Sayama, la tristement nommée Affaire Sayama : une jeune fille avait disparu (il s’est avéré qu’elle avait été agressée sexuellement et assassinée), et sa soeur s’était suicidée peu de temps après.

 

Totoro-théorie

 

Alors, pure mauvaise foi pour tenter d’obscurcir le tableau de l’un des films les plus positifs et « feel good » de tous les temps ou interprétation plausible et pour le compte franchement dérangeante ? On aurait tendance à dire que la lecture d’un film, ou de n’importe quelle oeuvre, appartient à chacun. Si certains ne veulent pas voir Mon voisin Totoro comme une fable joyeuse et légère mais plutôt comme la métaphore d’une tragédie scabreuse, libre à eux. Nous en tout cas, on préfère en rester à l’interprétation « consensuelle », inutile de lire une histoire aussi tragique dans Totoro quand Le Tombeau des lucioles l’a déjà été explicitement juste avant.

 

Une fois qu’on y a bien réfléchi, et si l’on est quelqu’un d’un peu (ou totalement) pessimiste, on peut se rendre compte que cette lecture du film, à défaut d’être particulièrement évidente, a du sens. Après tout, une fois une oeuvre finie par son ou ses créateurs, une foule d’interprétations s’offre à nous. Regarderez-vous Mon voisin Totoro d’un autre oeil maintenant ?

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Conquérir sa joie vaut mieux que de s’abandonner à sa tristesse.

— André Gide