12 615 personnes connectées

Un tétraplégique retrouve l’usage de son bras grâce à une neuroprothèse

C’est une véritable prouesse médicale à laquelle ont assisté des chercheurs américains spécialisés dans les neuroprothèses. Avoir avoir installé des implants dans le cerveau et le bras d’un patient tétraplégique, ce dernier a réussi à le bouger uniquement par la pensée. Un tour de force qui incarne un espoir pour toutes les personnes ayant perdu l’usage d’un ou plusieurs membres. 

De quoi se compose ce dispositif ?

Mis au point par une équipe de chercheurs de Cleveland, ce dispositif comprend 2 boîtiers à mettre sur la tête du patient, des électrodes placées dans un membre et 192 micro-électrodes à implanter dans le cerveau via une opération chirurgicale. Ces nombreux implants ont pour mission de capter les signaux envoyés par le cerveau quand le patient imagine déplacer l’un de ses membres. Une fois captés, les signaux envoient des ordres au membre afin de le déplacer.

Ce dispositif a ainsi été testé sur Bill Kochevar, un patient de 56 ans devenu tétraplégique suite à un accident. Et les premiers résultats ont été très concluants car l’appareillage a permis à Bill de se gratter le nez, de boire et de manger.

En quoi cette expérience est-elle révolutionnaire ?

Si le bon fonctionnement de cette neuroprothèse est si important, c’est parce que le dispositif en question réussit l’exploit de reconnecter les muscles et le cerveau en évitant la lésion qui paralyse Bill. Située au niveau de la colonne vertébrale, elle était un frein jusqu’alors. Cependant, le dispositif ne tient pas compte de celle-ci et la technologie a réussi à reconnecter différentes parties du corps.

Bolu Ajiboye, co-auteur de l’étude affirme qu’à sa connaissance « c’est le premier exemple au monde d’une personne atteinte de paralysie totale à pouvoir utiliser directement la pensée pour déplacer le bras et la main et effectuer des « mouvements fonctionnels ».

Les implants sont-ils déjà au point ?

L’expérience a beau être une réussite, les chercheurs doivent encore travailler sur le prototype. Le patient peut certes retrouver le contrôle de son bras grâce à la pensée, mais les mouvements qu’il réalise sont encore lents et approximatifs. Si la paralysie est en partie causée par la perte de certaines capacités, les neuroprothèses ont-elles aussi besoin d’être améliorées.

Les chercheurs doivent donc continuer de perfectionner le dispositif mais aussi le miniaturiser davantage. Et afin qu’un maximum de patients puisse profiter de cette technologie, ils doivent la rendre à la fois résistance mais aussi abordable. Le traitement risque donc de passer encore de nombreuses heures au sein des laboratoires de recherche, mais il représente déjà une lueur d’espoir pour de nombreux patients.